Depuis plus de 3.000 ans, l’écriture chinoise a évolué avec son temps et les différents supports de communication à disposition des chinois. Des traditionnels trigrammes aux caractères simplifiés, l’écriture s’est modifiée, simplifiée, pour permettre un meilleur apprentissage de la langue et facilité l’écriture.

Dao-caoshu dào, "la Voie du Tao". Calligraphie en herbe folle

Dao-caoshu dào, « la Voie du Tao« . Calligraphie en herbe folle

Le nombre de caractère a augmenté de siècle en siècle, passant de 8.000 caractères à la fin du 1er siècle ap. J.C. à 18.000 au 3ème siècle. En sept siècles, il y a eu 17.000 caractères supplémentaires (30.000 au 11ème siècle – 47.000 au 18ème). Le 20ème siècle compte près de 55.000, dont plus de 3.000 sont d’usage courant.

Au 21ème siècle, le code linguistique s’est considérablement transformé par la contraction des mots composés d’au moins deux caractères et le détournement du vocabulaire.

Faciliter l’écriture et l’enseignement

En 1949, 80% des chinois étaient illettrés, pour lutter contre l’illettrisme, le gouvernement décide de généraliser l’enseignement et de faciliter l’apprentissage de l’écriture. Cinq ans plus tard, la « Commission de Réforme de l’Écriture » (文字委员会) analyse les variantes de la langue, afin de sélectionner les caractères les plus commodes et les plus populaires.

La commission propose une « pinyinisation » (hanyu pinyin) de l’écriture. Il s’agit de romaniser le chinois mandarin. Cependant, elle admet qu’il n’est pas possible de changer radicalement l’écriture. Il est donc décidé de mettre en place une période de cohabitation entre le pinyin et les sinogrammes. D’autant plus que le pays doit alphabétiser rapidement des milliers de chinois.

Simplification de l’écriture

Le 28 janvier 1958, une réforme de simplification est lancée. 515 sinogrammes et 54 radicaux sont simplifiés. Ainsi, pour les sinogrammes, leurs nombres de traits est  passé de 16 traits à 8,16 traits, permettant une écriture plus rapide.

La réforme du 20 décembre 1977 promulgue une nouvelle liste de 248 simplifications officielles et 605 caractères devant être simplifié. Plus tard, les éditeurs et journaux n’utilisent plus ces caractères, bien qu’ils soient encore enseignés à l’école.

D’après Viviane Alleton, « L’écriture chinoise », (PUF, coll. Que sais-je ?, n⁰ 1374, 1er édition. 1970, 6ème édition, 2005), la simplification se fait selon 6 axes :
雲 → 云 : emprunt des formes anciennes,
訁 → 讠 : emprunt des formes cursives,
體 → 体 : emplois populaires,
燈 → 灯 : simplification du phonétique,
幾 → 几 : création/remplacement complet
飛 → 飞 : suppression partielle.

Plus de 2.000 sinogrammes supprimés

Wu De écrit par le directeur de l’Institut Confucius d’Abidjan, Liu Yunsheng

Parmi les 8 000 sinogrammes du Dictionnaire de référence en chinois, le Xinhua zidian de 1932, 2.288 caractères sont simplifiés. En octobre 1986, une liste définitive de sinogrammes est décrétée, elle exempt des couples de caractères tels que 迭/叠, 象/像 et 复/覆, (复 reste la forme simplifiée de 復 et 複), mais supprime 罗/囉 dans la seconde table (罗 reste la forme simplifiée de 羅) et ajoute 啰/囉 dans la troisième table.

L’alphabet hanyu pinyin (拼 音) n’est pas devenu l’écriture nationale, les chinois trop attachés à leur système logographique symbolisant l’unité nationale, ont rejeté cette simplification. le gouvernement décide d’abandonner cette réforme.

En dépit des nombreux dialectes, notamment ceux de la cinquantaine d’ethnie chinoise, un texte écrit avec des sinogrammes reste très compréhensible par la population. Tandis qu’un même texte écrit en hanyu pinyin demande au lecteur la connaissance du mandarin.

Aujourd’hui, le hanyu pinyin n’est plus utilisé que pour les dictionnaires, l’apprentissage du mandarin et la saisie de sinogrammes sur ordinateur.

A lire : « Simplification des caractères chinois : « Ebauche » du 2ème projet de simplification« , Pénélope Bourgeois. Cahiers de linguistique – Asie orientale, Année   1978,  Volume   4, Numéro   4,  pp. 89-103.

La dynastie Shang, pionnière de la civilisation chinoise