Institution financière, initiée par la Chine, la Banque Asiatiques d’Investissement dans les Infrastructures (BAII) participe au bouleversement de l’ordre financier international, en fournissant notamment des financements pour répondre aux grands besoins d’infrastructures en Asie, en Afrique et le long des nouvelles routes de la Soie.

Le 13 mai 2017, le Conseil des gouverneurs de la BAII a adopté des résolutions approuvant l’adhésion de 3 pays : Bahreïn, Chypre et les Samoa ; et de 4 membres prospectifs non régionaux : la Bolivie, le Chili, la Grèce et la Roumanie.

Ces sept membres prospectifs adhéreront officiellement à la BAII une fois qu’ils auront achevé leurs processus nationaux requis et leur versement initial. Cependant désormais, la banque compte 77 membres approuvés, qui devraient se retrouver du 16 au 18 juin lors de la 2ème réunion annuelle de la BAII à Jeju en Corée du Sud.

Placée sous le thème des « infrastructures durables », la banque se pose en alternative face à la Banque Mondiale, à la Banque Asiatique de Développement (BAD) et au Fond Monétaire Internationale.

Crée en octobre 2014, la BAII, forte d’un capital de près de 100 milliards de dollars (94 milliards d’euros), opte pour un développement économique et social. D’ailleurs, David Baverez, investisseur à Hong Kong souligne dans son essai intitulé Paris-Pékin Express, cité par Les Échos, qu’ « ils étaient mécontents du travail de la Banque Mondiale ».

Raison pour laquelle, le président Xi Jinping a décidé de créer une institution financière destinée aux pays du Sud, n’ayant pas les mêmes conditions que les occidentales, particulièrement ce qui touche à l’ingérence dans la politique intérieure des pays.

Dès lors, la BAII finance des projets dans les secteurs de l’énergie, du transport, des télécommunications, du développement de l’agriculture. La banque souhaite désormais être pionnière dans le domaine de l’écologie : « lean, clean and green« , notamment depuis le départ des Etats-Unis des Accords de Paris.

Jin Linqun, président de la BAII, ne cesse de vanter les progrès de sa banque, devenue une « institution internationale« , qui finance des projets en Asie, le long des Nouvelles Routes de la Soie et en Afrique.

En 2015, la BAII s’installe dans le paysage mondial en ayant offert 1,73 milliard de prêts. Fin 2016,  la banque basée à Beijing a approuvé un prêt de 600 millions de dollars (564 millions d’euros) pour le gazoduc Transanatolien qui doit relier les gisements d’Azerbaïdjan à l’Europe du Sud via la Turquie, dans le cadre de l’initiative « La Ceinture et la Route ».

Dés son lancement, les membres fondateurs de la BAII n’étaient uniquement asiatiques, car de nombreux pays européens font partie de cette structure, comme  la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. L’objectif pour ces derniers est de profiter de la croissance chinoise – même ralentie – et de son marché d’1,3 milliard d’individu. Dans un tel contexte, l’influence de la BAII croît d’année en année, pouvant rapidement concurrencer les institutions occidentales.