Le 7ème Dialogue de haut niveau Chine-UE a eu lieu en présence de Yang Jiechi, conseiller d’Etat chinois et Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne, qui a souhaité une coopération étroite avec la Chine pour lutter contre le « protectionnisme » et la « confrontation ».

Depuis l’intronisation de Donald Trump, en novembre 2016, chinois et européens s’accordent à dire qu’il est nécessaire de protéger les piliers du multilatéralisme et de manière générale le libre-échange, remise en question par le président américain, qui prône l’Amérique en premier.

La Haute représentante pour les affaires étrangères a indiqué devant une centaine d’étudiants de l’Université Tsinghua : « si l’on met en oeuvre une approche de confrontation, (…) il est facile de voir où cela peut mener. Le protectionnisme et l’absence de volonté de compromis peuvent facilement déboucher sur une guerre commerciale ».

Une guerre commerciale crainte par le Fonds Monétaire international, dont  le chef économiste Maurice Obstfeld, a prévenu qu’une « importante menace vient d’un virage vers le protectionnisme conduisant à une guerre commerciale », ce qui pourrait « saper les relations commerciales internationales et, plus généralement, la coopération multilatérale ».

L’Union européenne tient à se rapprocher de la Chine pour contrer les positions géopolitiques et commerciales de Donald Trump, dont son slogan « d’Amérique d’abord ».

La volonté de Donald Trump de remettre en cause les traités multilatéraux au profit d’échange bilatéraux, inquiète sérieusement les européens. D’autant plus que ce dernier vient de demander à son administration de désigner les pays responsables du déficit commercial américain : la Chine en tête, puis l’Allemagne.

Sans compter les attaques contre à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et au Fonds monétaire international (FMI). « La violation des règles mondiales affaiblit l’ensemble du système international. Elle rend la probabilité d’un conflit plus forte et nuit à notre sécurité à tous« , a souligné Federica Mogherini.

Dans un tel contexte, la coopération entre l’UE et la Chine « n’a jamais été aussi importante, à un moment où la gouvernance mondiale multilatérale est remise en cause de toutes parts », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne.

Cette dernière a d’ailleurs indiqué au Premier ministre, Li Keqiang, que « l’UE attache une importance au maintien du système multilatéral et à ses obligations internationales. Elle travaillera avec la Chine pour renforcer la coopération et traiter de façon appropriée les divergences, et faciliter les progrès dans les négociations sur le traité bilatéral d’investissement ».