Dans un communiqué de presse, le Forum économique Mondial s’est réjouit des engagements de la Chine vis-à-vis des technologies vertes. Le gouvernement a annoncé lors d’une session à la 11ème réunion annuelle des nouveaux champions, qu’il accordera la priorité au développement vert et se concentrera sur la technologie propre.

La 11ème réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) des nouveaux champions a lieu du 27 au 29 juin à Dalian en Chine, sous le thème « Atteindre la croissance inclusive dans la quatrième révolution industrielle ». Près de 2 000 chefs d’entreprise, décideurs et experts de plus de 80 pays débattent actuellement.

Wan Gang, ministre des Sciences et de la Technologie de Chine, a souligné les avantages mondiaux de l’énergie propre et que la Chine travaillerait aux objectifs de développement durable. « Il est juste de dire que nous menons le développement de technologies propre », assurant que « l’investissement dans l’innovation est un facteur crucial pour stimuler la croissance », avec la nécessité d’une politique souple.

Des mesures prises pour faire face à l’urgence climatique

Wan Gang, ministre des Sciences et de la Technologie de Chine

« L’innovation technologique va de pair avec l’innovation des arrangements institutionnels », a souligné le ministre. Ce dernier a reconnu que son pays avait de nombreux défis à relever et des responsabilités : « Au cours des deux dernières décennies, le développement a stimulé notre développement, mais cela a également engendré des impacts négatifs, comme la pollution de l’air ». 

Shu Yinbiao, président de la State Grid Corporation de Chine a expliqué aux participants que « la Chine connaît une transformation énergétique », assurant que les énergies fossiles traditionnelles devraient être remplacés par de l’énergie propre.

La Chine aspire à déplacer son mix énergétique traditionnel afin que les énergies renouvelables représentent 50% ou plus du réseau. Beijing a d’ailleurs fermé sa dernière centrale au charbon en mars 2017et devrait investir prochainement dans des véhicules électriques pour lutter contre la pollution de l’environnement et créer des villes plus saines.

De plus, la région de Beijing-Tianjin-Hebei, qui a connu de nombreux smog depuis le début de l’année, n’aura pas besoin de charbon pour son chauffage d’ici la fin de l’année, selon les prévisions. « C’est un consensus mondial pour réaliser la transition vers l’énergie propre » a indiqué Shu Yinbiao, ajoutant que « c’est une tâche urgente pour la Chine d’aider à construire un tel monde ».

Toutes ces évolutions, et les changements de modèle engagés devront être anticipés, car « quelle que soit la technologie avancée, nous devrons toujours faire face aux déchets industriels », a averti Liu Dashan, président et secrétaire du comité du parti pour le groupe de conservation de l’énergie et de protection de l’environnement de Chine.

Les déchets annuels dans le pays sont actuellement l’équivalent de 35 millions de tonnes de charbon. Raison pour laquelle, « la collaboration internationale est essentielle. Nous avons besoin de toute la société pour travailler main dans la main, et le soutien du gouvernement est essentiel ».

L’Afrique, actrice majeure des technologies propres

L’Afrique détient un important potentiel pour ouvrir la voie aux énergies renouvelables, le continent « pourrait être un joueur à faible teneur en carbone » dans la 4ème révolution industrielle, a assuré Shu Yinbiao.

La Chine crée une nouvelle commande mondiale en matière de technologies propres, car le plus grand pollueur du monde se transforme en le plus grand marché des énergies renouvelables, note le communiqué du WEF (World Economis Forum).

Une bonne nouvelle pour Alex Molinaroli, président et chef de la direction de Johnson Controls, et coprésident de la réunion annuelle des nouveaux champions 2017, qui a déclaré qu’il est « très rafraîchissant d’entendre que la Chine a un plan ».

Des percées dans la technologie, comme le stockage d’énergie et l’efficacité énergétique, sont essentiels, ainsi que des politiques publiques rendant rentables toutes les étapes de recyclage.

L’Afrique détient un important potentiel pour ouvrir la voie aux énergies renouvelables, le continent « pourrait être un joueur à faible teneur en carbone » dans la 4ème révolution industrielle, a assuré Shu Yinbiao.

Pour ce dernier, « l’Afrique possède de riches ressources naturelles et beaucoup d’énergie éolienne et solaire à exploiter. La Chine peut collaborer avec les pays africains sur les technologies propres, les participants ont convenu et continuent de partager leur expertise et leur main-d’œuvre ».

Une collaboration déjà mise en place depuis une dizaine d’année. La Chin est d’ailleurs devenue l’an dernier, le premier investisseur d’énergies solaires, éoliennes et en hydroélectricité en Afrique.

Environ 90 milliards de dollars (80,1 milliards d’euros) sont consacrés aux énergies renouvelables chaque année depuis 2014. Premier investisseur, la Chine dirige aussi une large part de ses fonds vers les pays d’Afrique.

Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 13 milliards de dollars (11,57 milliards d’euros) de contrats ont été réalisés en Afrique en 2016 et les entreprises chinoises construisent actuellement 30% des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020.

Les principaux investissements sont dirigés vers le sud et l’est de l’Afrique, contre 26% pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8% pour l’Afrique centrale. L’initiative « La Ceinture et la Route » (One Belt, One Road) va contribuer à la coopération internationale, favorisant l’écoulement des technologies propres entre les frontières.

C’est un objectif commun et global, conformément aux objectifs de développement durable de l’ONU 2030, et les gouvernements devraient élaborer des cadres juridiques pour encourager l’adoption d’énergie propre, précise le communiqué du WEF.

Or avec le désistement des Etats-Unis sur l’Accord de Paris, « la Chine a l’occasion de mener » et de « passer d’un importateur de technologies à un développeur de technologies pour le reste du monde », d’après Alex Molinaroli.