Le gouvernement a décidé d’augmenter massivement l’importation de produits laitiers venant du monde entier, avant de lancer la restructuration de sa production, entamée en 2008 après le scandale de la mélamine dans le lait.

En 2016, le pays a importé 59% du total des importations asiatiques de produits laitiers, qui se sont élevées à 11,4 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros), soit 25% du commerce international de produits laitiers, selon les analystes de l’Institut national de l’élevage (IDELE) français.

La restructuration de la production laitière devrait se poursuivre au cours des années à venir, d’après Chine-Abcis, « lettre de veille et d’analyse de l’économie de l’élevage en Chine« , qui analyse les documents officiels du gouvernement.

Le gouvernement souhaite « reconquérir » son marché national, en tablant notamment sur une croissance des exploitations de grande taille, celles possédant plus de 100 têtes devraient concentrer 60 ou 70% du cheptel laitier chinois en 2020, contre 50% en 2015.

Ainsi, la production moyenne par vache dans les grandes exploitations devrait augmenter de 15% entre 2015 et 2025, à 6 800 kg, selon les documents cités.

D’ici là, la production laitière reste désorganisée, ça la hausse de la taille des troupeaux n’a pas compensé la disparition des petits élevages, qui ont fait faillite suite à la crise de la mélamine, et la défiance des consommateurs chinois envers leurs propres productions laitières.

En 2016, l’IDELE a estimé à 4% la baisse de la production laitière au pays par rapport à 2015, sur la base du rapport statistiques annuel de la Chine (China statistical yearbook) et le ministère américain de l’agriculture USDA.

Selon la déclinaison laitière du XIII plan quinquennal 2016-2020 et le document de  perspective concernant les productions agricoles à 2025 préconisent une croissance de la consommation de produits laitiers dans l’Empire, beaucoup plus rapide que celle de la production.

Ainsi, l’écart de 11 millions de tonnes entre la demande et la production en 2015 devrait s’élargir à 18 millions de tonnes en 2025, et devrait être comblé par des importations croissantes de produits laitiers au cours des années à venir.

Si les importations chinoises sont amenées à progresser, une part croissante d’entre elles viendront d’investissements chinois à l’étranger, souligne Chine-Abcis. D’ailleurs, la plupart des grandes entreprises chinoises, Yili, Mengniu, Sanyuan Bright Dairy ont investi à l’étranger, dans des usines, des fermes, ou des partenariats.