Interné de force en 2015 à cause de son homosexualité, Monsieur Yu Hu vient de remporter le procès qui l’opposait à l’hôpital psychiatrique. Une première dans un pays où les droits des LGBT sont loin d’être reconnus.

L’homme est interné de force à l’hôpital psychiatrique de Zhumadian, dans la province du Henan, à la demande de sa femme et de ses proches.

Cet internement a eu lieu peu après avoir révélé son homosexualité à son épouse et demandé le divorce. Il avait alors été diagnostiqué de « problèmes d’orientation sexuelle » et l’hôpital avait refusé de le laisser sortir malgré ses demandes, lui imposant un traitement médicamenteux censé le « guérir ».

Pendant 19 jours, il subit une thérapie intensive incluant des cocktails de pilules et injections. A sa sortie, Monsieur Yu Hu décide de poursuivre en justice l’hôpital psychiatrique.

Le tribunal a statué en sa faveur, le 26 juin, obligeant l’hôpital à faire des excuses publiques et à verser au plaignant, 5 000 yuans (647 euros) de dommages et intérêts. Il a estimé que son internement représentait une violation de ses droits puisqu’il n’était pas dangereux pour les autres.

Ce jugement est inédit, car pour la première fois, l’établissement concerné est un établissement public. Jusqu’à présent, seul un hôpital privé avait déjà été condamné pour des faits similaires.

Les « thérapies de conversion » sont considérées comme non-scientifiques et inefficaces par les experts, mais sont toujours en activité dans le pays. Car en dépit du retrait en 2001 de l’homosexualité de sa liste des maladies mentales, les hommes et femmes homosexuels font toujours l’objet de discriminations et d’intenses pressions familiales.