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Lâcher la Corée du nord, une solution ?

Lâcher la Corée du nord, une solution ?

Les menaces croissantes de Pyongyang poussent de nombreuses voix à appeler Beijing à rompre ses relations avec la Corée du nord. Une solution envisageable qui pourrait pourtant porter atteinte la présence de la Chine dans la région.

En effet, Beijing s’alarme de la présence américaine de plus en plus affichée en Asie-Pacifique, mettant à mal la politique étrangère chinoise. Or le maintient des relations avec la Corée du nord visaient principalement à éviter d’une part une unification des deux Corée et d’autre part freiner les positions américaines.

Depuis son entrée en fonction à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a commencé à pousser le rapport de force, afin d’intimider Kim Jong-Un, qui envisage un nouveau lancement de missile.

Face au discours pacifiste de la Chine, l’administration Trump avait assuré que les Etats-Unis pourraient s’occuper « seuls » du problème nord-coréen, si Beijing décidait de ne pas intervenir auprès de son actuel allié Pyongyang.

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Shen Zihua, historien et spécialiste de la guerre de Corée, a expliqué à The New York Time qu’ « au vu de la situation actuelle, la Corée du nord est l’ennemi latent de la Chine et la Corée du sud pourrait être l’alliée de la Chine ».

Bien que ses propos n’aient pas été relayés par les médias chinois, ceux-ci n’ont pas été réfuté et sont toujours consultables sur le site de l’université normale de Chine orientale de Shanghai.

Auparavant, l’enseignant était censuré lorsqu’il avait des propos critiques contre la famille Kim, mais désormais, Beijing ne réagit plus, laissant penser que le gouvernement émet l’hypothèse de lâcher son voisin encombrant.

D’ailleurs, le quotidien proche du pouvoir, Global Times, a appelé récemment à renouveler les sanctions contre la Corée du nord, et à cesser de fournir le pays en pétrole si Kim Jong-Un procédait à un nouveau test nucléaire.

Or 90 % du commerce extérieur de la Corée du Nord s’effectue avec la Chine et le charbon compte pour 40 % de ces échanges. En février dernier, les importations de charbon en provenance de Corée du nord ont été suspendues.

Si Beijing met fin à ses relations avec la Corée du nord, une bonne partie des économies proches de la frontière nord-coréenne pourrait pâtir de ce changement de politique. Ainsi, les échanges entre les deux pays compte pour les populations des villes frontalières, dont beaucoup travaillent avec la zone économique spéciale nord-coréenne de Rajin-Sonbong, lancée en 1992 par Pyongyang pour attirer les investissements chinois, qui détiennent cinq terminaux sur la mer du Japon.

Pour l’heure les tensions diplomatiques n’ont pas d’impact sur l’économie de ces villes, ni sur le train de vie de ces habitants, mais une rupture des relations avec Pyongyang pourrait changer la donne. Toutefois, la question est toujours en suspend à Beijing.

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