Selon le dernier rapport de l’Institut de l’innovation et du développement, think-tank indépendant basé à Shenzhen, « la réforme économique systémique, centrée sur la réforme structurelle de l’offre, est entrée dans son stade le plus difficile cette année ».

Pour faire face à cette situation, le groupe de réflexion préconise des efforts visant à « mieux utiliser le marché pour faire avancer la réforme ». En effet, le rapport a estimé que des progrès avaient été réalisés en 2016, dans le cadre de la réforme structurelle de l’offre mais les autorités ont encore de nombreux défis à relever.

D’ailleurs, en janvier 2017, le Fonds Monétaire International a revu ses perspectives de croissance du pays pour 2017, prévoyant une hausse à 6,5%, soit 0,3 point de pourcentage de  plus que prévu en octobre 2016. Cela s’explique par la poursuite attendue de la relance.

Cependant, « le recours continu à des mesures de relance, avec une expansion rapide du crédit et une lente réduction de l’endettement des entreprises, en particulier pour ce qui est de durcir les contraintes budgétaires des entreprises publiques, agite la menace d’un ralentissement plus brutal ou d’un ajustement qui aurait des effets perturbateurs. Ces risques peuvent être aggravés par les pressions des sorties de capitaux, surtout dans un environnement extérieur plus instable« , note le FMI dans sa note de conjoncture.

Globalement, Beijing est parvenu d’un part à atteindre son objectif de réduction de 45 millions de tonnes de capacités de production d’acier et de 250 millions de tonnes de capacités de production de charbon en 2016, entraînant une augmentation des prix de l’acier et des produits du charbon.

De l’autre, les stocks de logements commerciaux se sont réduits de 23,14 millions de mètres carrés et le ratio actif-passif des entreprises a baissé de 0,4%. mais le think tank estime que « le niveau global d’amortissement des entreprises du pays, ou ratio du financement social financé par la dette par rapport au PIB, a augmenté de 8%« .

De plus, « le principe de ‘permettre au marché de jouer un rôle décisif dans l’allocation des ressources’, qui est mis en avant par les autorités supérieures, n’a pas été pleinement mis en œuvre« , a indiqué Wang Xiaolu, directeur adjoint de l’Institut national de recherche économique. En effet, le gouvernent a mit en place des mesures visant à mieux utilisé le marché pour améliorer l’efficacité de la réforme de l’offre sur le long terme.

Mais cette politique administrative favorise les « entreprises zombies« , qui continent d’enregistrer des pertes mais ont toujours accès aux prêts bancaires pour durer, accentuant un peu plus l’endettement de l’entreprise et parfois de l’état.

L’Institut de l’innovation et du développement prévient que « cette année, la Chine devra encore équilibrer son objectif de croissance, la restructuration et la réforme, et cela va devenir plus exigeant et difficile ». D’autant plus que le gouvernement s’appuie sur l’investissement et la fluctuation du yuan, pour atteindre son objectif de croissance, a souligné l’institut.

L’économie du pays de demeurer « généralement stable » même si des complexités persistent et « qu’il ne faut sous-estimer », a déclaré la Banque Populaire de Chine (BPC), dans un communiqué le 2 avril, suite à la réunion trimestrielle de son comité de politique monétaire.

La BPC s’est engagée à poursuivre « la mise en œuvre d’une politique monétaire neutre et saine », basée sur divers outils et instruments afin de maintenir les liquidités à un niveau stable. La banque va également continuer de maintenir les taux de change du yuan à un niveau raisonnable et stable.