Pour la première fois, l’Assemblée populaire nationale a voté le 25 décembre un texte de loi légiférant la MTC, Médecine Traditionnelle Chinoise, afin de garantir son développement, assurer la sécurité des patients et former du personnel compétent.

La Loi, adoptée par le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, entrera en vigueur le 1er juillet 2017, elle « protégera et facilitera le développement de la médecine traditionnelle chinoise« , selon Radio Chine Internationale.

Pour Wang Guoqiang, directeur de l’Administration d’Etat de la MTC, « il s’agit d’un moment décisif pour le développement de la MTC, car elle est reconnue par la loi ».  Cette « loi reflète aussi la demande et les attentes du public vis-à-vis de la MTC, qui s’est montrée efficace mais qui parfois ne peut pas être facilement définie ou réglementée par le courant dominant de la médecine occidentale« , a indiqué le Centre d’Information Internet de Chine.

D’ailleurs, « l’adoption de la loi n’est qu’un début, et davantage de mesures et de réglementations assorties suivront dans l’esprit de la loi pour promouvoir la MTC », a assuré Wang Guoqiang.

La MTC a été détrôné par la médecine occidentale sous la dynastie des Qing (1644-1911), mais ces dernières années, les médecines alternatives et particulièrement traditionnelle ont été remise au goût du jour, pour proposer des solutions naturelles aux maux.

En reconnaissance la MTC, le gouvernement permet au public un accès plus élargi de la pratique, administre et réglemente ses caractéristiques propres et surtout devrait freiner les escroqueries et faux praticiens, cachées ou ne pouvant être punies.

D’autant que les praticiens doivent apprendre leur art à partir d’un maître, et non d’une faculté de médecine. Avec la nouvelle législation, ils pourront obtenir « une licence pour pratiquer la MTC et d’offrir leurs services à tous », a expliqué Deng Yong, chercheur en droit à l’Université de Médecine Traditionnelle de Beijing.

Pour plus de sécurité, les praticiens passeront des examens de compétences pratiques et leurs résultats seront communiqués auprès des autorités provinciales de MTC, afin d’obtenir la recommandation de deux praticiens certifiés.

Selon Deng Yong, « c’est une percée importante, car beaucoup de praticiens compétents de MTC travaillent dans l’ombre. Ils ne peuvent en effet pas passer les examens pour devenir médecins, qui donnent la priorité à la médecine occidentale ou aux tests d’anglais ».

La loi facilite désormais l’ouverture de cabinets individuels et de cliniques, grâce à des démarches simplifiées, auprès des autorités médicales locales. D’ailleurs, il existe 3 966 hôpitaux et 42 528 cliniques de MTC, d’après le Livre blanc sur la MTC publié en décembre.

Pour protéger la santé des consommateurs, la loi préconise la création d’une administration et un contrôle de qualité des produits bruts (plantes, herbes, …) et des procédures, comme l’élevage, la plantation, la récolte et le stockage. L’utilisation de pesticides hautement toxiques est interdite pour cultiver des plantes médicinales.

D’ailleurs, les gouvernements au niveau du district ou supérieur doivent établir des institutions de MTC dans les hôpitaux généraux à financement public et les centres de soins destinés aux mères et aux enfants. Pour pouvoir financer ces nouvelles infrastructures, les autorités pourront faire appel à des investissements privés.

Vieille de plus de 2 000 ans, la médecine traditionnelle chinoise est considérée comme « un trésor national » pour ses théories et pratiques uniques, comme les herbes médicinales, l’acupuncture, le massage et la diététique.

Raison pour laquelle, le gouvernement s’est engagé à soutenir la recherche et le développement de la MTC et de protéger la propriété intellectuelle dans ce domaine.