Moody’s abaisse la note de la Chine, pour la première fois depuis 28 ans. L’agence de notation financière s’inquiète des risques d’augmentation de la dette du pays. La note a été réduite de Aa3 à A1 pour les émissions en monnaie locale et en devises étrangères à long terme, avec toutefois une perspective stable.

Une dette trop importante

L’agence a indiqué que « la solidité financière de la Chine va quelque peu s’éroder au cours des années qui viennent, le volume total de la dette continuant à grossir tandis que le potentiel de croissance ralentit ».

Suite à cette publication, le ministère chinois des finances a critiqué cette notation. « Cette décision est basée sur l’approche de notation procyclique », qui « n’est pas appropriée », indiqué le ministère dans une déclaration écrite.

Quartier de Xidan

Moody’s s’inquiète particulièrement de la dette des entreprises d’Etat, généralement déficitaires, et qui dépend des crédits bancaires, au détriment du secteur privé. En dépit de la volonté de Beijing de réformer le secteur public, « nous pensons que ces efforts de réforme n’auront pas suffisamment d’impact, ni suffisamment vite, pour éviter une érosion » du profil financier chinois, selon l’agence de notation.

Certes les réformes pourront « ralentir mais pas empêcher une augmentation de la dette » du pays, a observé Moody’s dans un communiqué. « Ces points de vue surestiment les difficultés auxquelles est confrontée l’économie chinoise et sous-estiment les capacités de la Chine à approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre et à élargir la demande globale », a réagit le ministère chinois.

Coup dur pour Beijing

Moody’s n’avait plus réduit la note de la dette depuis 1989. « Psychologiquement, c’est un coup que la Chine va mal prendre et qui reflète la montée de la pression financière », a estimé Christopher Balding, professeur à l’Ecole de commerce HSBC à Shenzhen, auprès de l’agence Bloomberg, cité par l’AFP.

Mais cela « n’a pas énormément d’importance parce que l’essentiel de la dette chinoise est détenu par des acteurs étatiques ou quasi-étatiques et très peu par des étrangers », a indiqué ce dernier.

La dette totale du pays représentait 256% du PIB à la fin 2016, mais la dette extérieure ne représente qu’environ 12%. La seule dette publique devrait atteindre 45% du PIB d’ici à la fin de la décennie, d’après les estimations de Bloomberg.

« Il va être plus difficile pour la Chine de financer sa dette. Les entreprises chinoises vont avoir plus de mal à lever des fonds sur les marchés internationaux », a expliqué Liao Qun, économiste à la Citic Bank International à Hong Kong.