« Lee Ming-che est détenu par les autorités chinoises car il a exercé son droit à la liberté d’expression et d’opinion », a déploré Christos Stylianides, commissaire européen en charge de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, lors d’une séance au Parlement.

En juin, le gouvernement chinois avait confirmé le placement en détention de l’activiste taïwanais des droits de l’homme, Lee Ming-che, soupçonné de mener des activités mettant en danger la sécurité nationale chinoise.

« Lee Ming-che est en bonne santé », assure un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères qui n’a pas donné de détails sur la situation de l’opposant.

Lee Ching-yu, l’épouse de l’activiste emprisonné, avait indiqué avoir perdu le contact avec son mari depuis le 19 mars, après qu’il fut entré en Chine via Macau. Cette annonce inquiète car Beijing ne communique plus avec Taipei depuis juin 2016, suite au refus de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen de soutenir le principe d’une « seule Chine ».

Le 6 juillet, la Présidence de la République, par la voix de son porte-parole Sidney Lin, a remercié le Parlement européen pour son adoption, le jour même, d’une résolution appelant à la libération de Lee Ming-che.

« L’Union européenne a suivi de très près cette affaire depuis sa disparition en mars 2017 », a déclaré lors du débat le commissaire Christos Stylianides. D’ailleurs, les députés ont d’ailleurs souligné que Lee Ming-che, célèbre militant taïwanais en faveur de la démocratie, connu pour sa défense des droits de l’homme sur les réseaux sociaux a été arrêté par des « autorités compétentes », qui ont ouvert une enquête à son encontre car « elles le soupçonnent de s’être engagé dans des activités menaçant la sécurité nationale« .

Les députés se sont dit profondément préoccupé par les « efforts déployés sans relâche par le gouvernement chinois en vue de faire taire les acteurs de la société civile » avec l’aide de nouvelles lois, en particulier sur la sécurité de l’État, la lutte contre le terrorisme, la cyber-sécurité et la gestion des ONG étrangères.

Les députés ont rappelé que « l’Union européenne se doit d’évoquer la question des violations des droits de l’homme en Chine à chaque cycle du dialogue politique et du dialogue sur les droits de l’homme avec les autorités chinoises, conformément à l’engagement pris par l’Union européenne de s’exprimer d’une seule voix, forte et claire, dans ses relations avec la Chine ainsi qu’au cours des dialogues sur les droits de l’homme, davantage orientés sur les résultats« .

D’ailleurs, « en vertu de son processus actuel de réforme et compte tenu de sa présence accrue sur la scène internationale, la Chine a choisi de s’inscrire dans le cadre international des droits de l’homme en signant un grand nombre de traités internationaux relatifs aux droits de l’homme« , raison pour lesquelles le dialogue avec la Chine doit continuer afin que « ces engagements puissent être tenus« .

Pour le Parlement, Lee Ming-che « est détenu par les autorités chinoises car il a exercé son droit à la liberté d’expression et d’opinion, droit qui devrait être garanti par la constitution chinoise et par les engagements pris en matière de droits fondamentaux. […] M. Lee doit être détenu dans une infrastructure d’Etat reconnue. Les autorités chinoises doivent rapidement expliquer où M. Lee est détenu et permettre aux membres de sa famille et à son avocat de lui rendre visite, avocat qu’il pourra choisir« .

« Nous sommes très reconnaissants pour toute l’aide internationale dans cette affaire », a déclaré Sidney Lin.

La Présidence de la République et le ministère des affaires continentales ont exigé à de nombreuses reprises la libération de Lee Ming-che, ou du moins qu’il soit traité par les autorités de Beijing dans le respect de ses droits à une procédure légale équitable, que celles-ci autorisent sur une base humanitaire la visite de membres de sa famille, et qu’elles fassent la lumière sur la situation de ce ressortissant de la République de Chine (Taïwan).

Concernant la situation de Liu Xiaobo, la Présidence de la République, à Taipei, a récemment indiqué que « Taïwan se tient prêt à lui fournir une assistance médicale, pour peu qu’il soit autorisé à quitter la Chine continentale ».

Dans sa résolution, le Parlement européen a également demandé au gouvernement chinois de « libérer immédiatement et sans condition le lauréat du Prix Nobel de la paix de 2010, Liu Xiaobo, de lever l’assignation à résidence pesant sur son épouse, Liu Xia, et de permettre à Liu Xiaobo de se faire soigner là où lui et sa femme le souhaitent ». Les députés prient « instamment les autorités chinoises d’autoriser Lui Xiaobo à rencontrer sans restriction sa famille, ses amis et ses avocats ».