Joseph Nye, inventeur du concept de soft-power, ex-directeur de la prestigieuse Kennedy School of Government de Harvard, a été invité par l’Institut de hautes études internationales et du développement.

Il a évoqué dans une interview accordée au quotidien suisse, Le Temps, les relations entre la Chine et les Etats-Unis, assurant qu’un affaiblissement du « soft power » américain ne profiterait pas à la Chine, car « nous avons tous intérêt à ce que la Chine soit un acteur responsable. Nous ne souhaitons pas qu’elle agisse comme les Etats-Unis des années 1930 ».

Pour ce universitaire, « il y a des exemples montrant qu’elle assume cette responsabilité. C’est le cas en matière d’opérations de maintien de la paix, qu’elle soutient, de lutte contre le changement climatique et de règlement des différends à l’OMC. A contrario, elle n’assume pas sa responsabilité de puissance en rejetant la décision du Tribunal du droit de la mer relatif à des îlots dans la mer de Chine du Sud« .

Les présidents Barack Obama et Xi Jinping (2013)

Contrairement à ce que pensent de nombreux expert, le président américain Donald Trump est plus compliqué à traiter que son prédécesseur, Barack Obama.

Bien que « la Chine pense qu’elle peut traiter avec Trump. Pour sa part, le président américain veut que la Chine l’aide à résoudre la crise nord-coréenne. Il aurait dit au président, Xi Jinping, en Floride qu’il n’imposerait pas des sanctions commerciales à Pékin si ce dernier s’occupe de Kim Jong-un. Or il n’est pas sûr que la Chine soit à même de contrôler le leader nord-coréen ».

Or « ce que Pékin peut craindre, c’est la réaction de Trump s’il ne voit pas de progrès avec Pyongyang. Il est d’ailleurs étrange que le président américain lie le dossier de la Corée du Nord aux relations commerciales entre Pékin et Washington. La Chine pourrait penser que si Trump affaiblit le soft power de l’Amérique, elle en bénéficiera. Cela risque au contraire de la desservir, car elle a grandement profité de l’ordre libéral international ».