L’indice PPI des prix à la production, baromètre de la santé du secteur industriel, a augmenté de 5,5% sur un an le mois dernier, après des bonds de 6,4% en avril et de 7,6% en mars, selon le Bureau d’Etat des statistiques (BES).

Cet essoufflement s’explique par une hausse des cours des matières premières, qui après une hausse rapide en 2016,  des années de déflation, la tendance des prix à la production commence à décliner.

Cette baisse s’ajoute à la chute des cours mondiaux des matières premières, reflétant également un recul des investissements, qui sont pénalisés par un durcissement de la politique monétaire du gouvernement et la tentative d’endiguer la bulle immobilière fondée sur la spéculation.

Les restrictions pèsent sur les ventes d’appartements et les investissements, minant la demande de matériaux de construction d’électroménager, alors que la construction reste un pilier de l’économie.

Tommy Xie, économiste de la Oversea-Chinese Banking Corp., a expliqué qu’un processus de « reflation » était engagé après une longue période de stagnation des prix, de ce fait, « les poussées inflationnistes se modèrent à nouveau » jusqu’à la fin 2017.

De son côté, l’indice des prix à la consommation, principale jauge de l’inflation et de la demande des ménages, a accéléré en mai, à +1,5% sur un an, après des hausses de 1,2% en avril et 0,9% en mars.

Il s’agit d’un renchérissement des prix alimentaires, qui tendent à suivre les cycles de l’élevage de porc, sans être pour autant un reflet exact de la consommation des ménages.

Pour certains économistes le recul de l’inflation pour les produits non-alimentaires marque une baisse des dynamiques inflationnistes.

Ces signaux sont inquiétants car il remette en cause la robustesse de l’économie ayant enregistré l’an dernier sa plus faible croissance depuis plus de 25 ans, en dépit d’une stabilisation de la conjoncture fin 2016.

Les importations ont certes accéléré le mois dernier, suggérant une demande intérieure toujours solide, mais l’indice indépendant Caixin-Markit fait état d’une nette contraction de l’activité manufacturière en mai, après un ralentissement de la production industrielle en avril.