La Commission pour la justice transitionnelle a annoncé le 5 octobre la première décision de réhabilitation concernant 1 270 personnes injustement condamnées à la fin des années 40, suite à l’Incident du 28 février 1947 et aux premières années de la période de répression politique désormais connue sous le nom de «Terreur blanche».

Massacre du 28 février 1947, où « Incident 228 »

La dirigeante Tsai Ing-wen était entourée de victimes réhabilitées de la Terreur blanche, ainsi que de la présidente du Yuan de contrôle Chang Po-ya, du président du Yuan législatif Su Jia-chyuan, et du Premier ministre Lai Ching-te.

«Avant sa démocratisation, Taiwan a connu des temps sombres au cours desquels certains n’ont jamais su pourquoi ils étaient interrogés ou sur le point d’être exécutés», a déclaré Tsai Ing-wen, lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Sheraton de Taipei.

Ce lieu est symbolique car l’hôtel a été construit sur le site d’une ancienne prison militaire où furent interrogés sous la torture nombre des condamnés. «La plupart de ces personnes et leurs familles ont passé le plus clair de leur vie à espérer que ce tort soit réparé. L’Etat leur a certes délivré des certificats restaurant leur réputation mais les condamnations erronées n’avaient jamais été effacées», a ajouté la dirigeante taïwanaise.

Cette réhabilitation fait suite à l’adoption en décembre 2017 par le Yuan législatif de la Loi sur la promotion de la justice transitionnelle. Cette loi permet d’effacer certaines condamnations des casiers judiciaires des personnes exonérées par la Commission et dont le nom est ensuite publié au Journal officiel.

Entrée en fonction le 31 mai 2018, la Commission peut être saisie par les particuliers ayant fait l’objet d’une condamnation jugée «abusive» pendant la période allant du 15 août 1945, date de la prise de contrôle de Taïwan par la République de Chine après la capitulation japonaise, et le 6 novembre 1992, date de fin de la loi martiale sur les archipels de Kinmen et de Matsu, plusieurs années après avoir pris fin à Taïwan proprement dit, en juillet 1987.

Parmi les 1 270 personnes réhabilitées, figuraient 1 216 hommes et 54 femmes. Selon la commission, environ 10 000 autres personnes devraient être réhabilitées. Le 28 février, la mémoire des victimes tuées ou emprisonnées lors de la répression du soulèvement du 28 février 1947 a été honorée dans toute l’île.

A Taipei, une cérémonie organisée par la Fondation 228 a marqué le 71e anniversaire de ces événements, aussi connus sous le nom d’Incident du 28 Février (ou 228, «er, er, ba» en mandarin). Tsai Ing-wen avait appelé à la réconciliation.

D’où la création de la Commission pour la justice transitionnelle chargée d’établir la vérité historique et de nommer les responsables dans une optique de justice transitionnelle. Conformément à la Loi, ce système ad hoc d’examen vise à définir les injustices commises à Taiwan sous le gouvernement du Kuomintang (KMT).

«J’espère que Taiwan, à travers la justice transitionnelle, pourra devenir une nation plus libre et plus démocratique où les droits humains seront mieux protégés», avait déclaré la chef de l’Etat qui s’est également entretenue avec des familles de victimes.