Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a condamné la fermeture du média pro-démocratie hongkongais Stand News, et a averti que la répression contre la presse nuisait à la réputation de la ville, connue pour être une grande place financière internationale.

« En réduisant au silence des médias indépendants, la Chine et les autorités locales sapent la crédibilité et la viabilité de Hong Kong », a déclaré le responsable américain dans un communiqué.

« Des autorités qui ont confiance en elles-mêmes et n’ont pas peur de la vérité accueillent favorablement la presse libre », a-t-il ajouté.

« Le journalisme n’est pas de la sédition », a souligné le secrétaire d’Etat, avant d’appeler la Chine et les autorités de Hong Kong à « cesser s’en prendre aux médias libres et indépendants de Hong Kong et à immédiatement relâcher les journalistes et responsables de médias qui ont été injustement détenus et inculpés ».

Le site d’information Stand News a annoncé sa fermeture, quelques heures après des perquisitions, le gel de ses actifs et sept arrestations. Le chef de la police de sécurité nationale de Hong Kong, Steve Li, a déclaré mercredi que Stand News était accusé d’avoir publié des articles et billets de blog « séditieux » entre juillet 2020 et novembre 2021.

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly a réagi sur Twitter à l’arrestation de Denise Ho, née à Hong Kong mais qui a grandi au Canada. La ministre s’est déclarée inquiète après « l’arrestation de membres actuels et anciens du conseil d’administration et du personnel de Stand News, notamment la citoyenne et militante canadienne Denise Ho ».

Stand News est le deuxième média de Hong Kong réduit au silence par les autorités. En juin, le journal pro-démocratie Apple Daily avait fermé après le gel de ses actifs et l’arrestation de ses dirigeants.

Le porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne, Peter Stano, a dénoncé une « poursuite de la détérioration de la liberté de la presse » à Hong Kong.

En effet, Hong Kong a longtemps été considérée, en raison de sa plus grande autonomie vis-à-vis de Pékin, comme un bastion asiatique de la liberté de la presse et abrite toujours les sièges régionaux de grands médias internationaux.

Mais le climat pour la presse s’est considérablement dégradé avec la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine en 2020, suite aux mobilisations massives de 2019. La liberté de la presse est « en miettes » à Hong Kong, avait estimé en juillet Ronson Chan, le président de l’Association des journalistes de Hong Kong, principal syndicat de la profession.

Dans le classement annuel de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), Hong Kong n’a cessé de dégringoler, passant de la 18e place en 2002 à la 80e cette année.