Les autorités suédoises ont annoncé ce 24 septembre l’arrêt temporaire des expulsions des Ouïghours, minorité musulmane turcophone vers la Chine. «Les données de plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme montrent que la situation pour les Ouïghours a empiré ces derniers temps» au Xinjiang, a justifié l’Office suédois des migrations dans une décision transmise à l’Agence France Presse.

L’arrêt des expulsions vaut également pour «d’autres groupes minoritaires venant du Xinjiang et qui ont reçu un avis d’expulsion», a précisé un porte-parole de l’agence. Le Xinjiang compte environ 22 millions d’habitants, dont près de la moitié sont d’ethnie Ouïghour, minorité musulmane turcophone, dont beaucoup se plaignent de discriminations de la part de la majorité Han (chinois).

La Chine est accusée d’y avoir ouvert des centres de rééducation où des personnes soupçonnées d’intentions hostiles ou jugées suspectes y suivraient notamment des cours de mandarin ou des formations idéologiques.

Beijing demande aux Nations Unies de respecter sa souveraineté

Début septembre, l’Office suédois des migrations avait annoncé avoir suspendu l’expulsion d’une famille ouïghour, menacée de renvoi vers la Chine et dont la demande d’asile avait été rejetée, après la réouverture de son dossier.

«La famille a envoyé une demande de permis de séjour à l’agence que nous devons traiter», avait expliqué à l’époque l’Office des migrations. Un fait qui n’est pas nouveau dans le pays, en 2012, l’Office avait aussi temporairement suspendu les expulsions de plusieurs Ouïghours vers la Chine, dont la demande d’asile avait été rejetée, après avoir reçu de nouvelles informations sur leur dossier.