Le bâtiment de la présidence de Taïwan a été attaqué par un assaillant, qui portait du drapeau national chinois. Brandissant une épée de samouraï, il a blessé vendredi 18 août un garde de la police militaire.

Le suspect, un Taïwanais arrêté sur les lieux de l’attaque, a expliqué qu’il voulait exprimer ses opinions politiques et qu’il avait volé l’épée dans le Musée des Forces armées voisin, selon les forces de l’ordre interrogées par l’Agence France Presse.

L’assaillant « a utilisé un marteau pour briser une vitrine dans un musée d’histoire et voler une épée de samouraï« , a indiqué la police, qui a souligné que « le drapeau national chinois a été retrouvé dans son sac à dos. Il a dit qu’il voulait exprimer ses vues politiques en se rendant à la présidence ».

L’homme, identifié sous son nom de famille, Lu, a porté un coup d’épée à un garde de la police militaire qui tentait de l’empêcher d’entrer dans la présidence par une porte latérale, selon le porte-parole de la présidence Alex Huang.

Hospitalisé, le garde est dans un état stable. L’agresseur a été placé en garde à vue. Il aurait un casier judiciaire vierge, et laisse souvent des commentaires prochinois sur internet, selon la presse locale.

Selon une photographie publiée par la police, l’arme était gravée de l’inscription « bataille de Nankin (cette épée) a tué 107 personnes ». L’épée a servi à l’armée japonaise lors du massacre des habitants de Nankin en 1937, selon le Musée des Forces armées.

La présidence a été la cible d’attaques par le passé. En janvier 2014, un conducteur de camionnette avait réussi à pulvériser une vitre résistante aux balles et franchir la porte principale du bureau de la présidence. Il entendait protester lors de l’audience judiciaire l’opposant à son ex-épouse.

En novembre 2014, un conducteur avait tenté de forcer la porte de la résidence présidentielle avec sa voiture pour protester contre la politique de santé de l’ancien président Ma Ying-jeou.

La présidence, située dans le centre de Taipei, abrite l’actuelle chef de l’Etat, Tsai Ing-wen, issue du Parti Progressiste Démocrate, qui ne cache pas sa volonté d’indépendance vis-à-vis de la Chine continentale.

Les relations avec Beijing se sont détériorées depuis son arrivée au pouvoir en mai 2016. Cette dernière n’a pas reconnu le Consensus de 1992, actant le principe d’une seule Chine.