Une flottille de cargos nord-coréens sont retournés au port nord-coréen de Nampo, quasiment tous chargés, en raison du refus de Beijing d’acheter du charbon à Pyongyang.

Beijing a interdit le 26 février tout achat de charbon nord-coréen, dans la suite des sanctions internationales conter la Corée du nord après des tirs expérimentaux de missiles, ayant provoqué de nombreuses craintes de la communauté internationale.

Le 7 avril, les douanes chinoises ont exhorté les entreprises de négoce à refuser les cargaisons de charbon nord-coréen, afin d’arrêter la circulation de charbon entre la Chine et la Corée du nord.

Selon les données consultées par l’agence de presse, Reuters, une dizaine de cargos sont repartis de Chine vers le port nord-coréen de Nampo, avec pour la quasi-totalité d’entre eux toujours leurs cargaisons à bord. Or d’après l’Agence France Presse, les importations chinoises en provenance de Corée du Nord ont augmenté de presque 20% au premier trimestre, notamment en janvier et février, avant la décision de stopper la circulation entre les deux pays.

Le montant total des importations de la Chine a atteint 3,44 milliards de yuans (470 millions d’euros) sur les trois premiers mois de l’année, selon l’administration chinoise des Douanes.

Il s’agit d’une hausse de 18,4% sur un an, a souligné Huang Songping, porte-parole de l’institution. Ce dernier a souligné ne pas avoir « importé de charbon nord-coréen après le 18 février« , officialisant ce jour-là l’interruption de ses importations de charbon de la Corée du nord.

« Après l’annonce que la Chine suspendait ses importations, c’était aux entreprises de résoudre le problème des cargaisons de charbon déjà en route« , a souligné Huang Songping.

Globalement, les importations chinoises de Corée du Nord s’élevaient à 206,9 millions de dollars (194,5 millions d’euros) en janvier et à 176,7 millions de dollars (166,1 millions d’euros) en février (dont 97,6 millions pour le charbon, avant suspension), selon des chiffres publiés précédemment.

« Cela ne fait pas débat que (la Chine et la Corée du Nord) maintiendront des relations commerciales normales, tout en s’assurant que nous respectons les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU« , a observé ce jeudi 13 avril, Lu Kang, porte-parole du ministère des affaires étrangères.

L’arrêt des importations de charbon est censé retirer à la Corée du nord une importante source financière, or pour l’économiste Ri Sun-Chol, inbterrogé par l’AFP, la décision chinoise n’aurait « aucun impact substantiel sur l’économie » du pays. De son côté, Washington a estimé cette mesure insuffisante, estimant que la Chine a les moyens de convaincre son voisin d’abandonner son programme nucléaire.

Pourtant, Kim Hong-Kyun, le représentant sud-coréen des pourparlers de paix, et le représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, Wu Dawei, ont convenu le 10 avril la mise en place de « des mesures additionnelles fortes devront être prises, si la Corée du Nord effectue des provocations stratégiques telles qu’un essai nucléaire ou un tir de missile balistique, au mépris des avertissements de la communauté internationale« .