La visite d’un groupe d’ambassadeurs de pays de l’Union européenne dans la région autonomie du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) est toujours en attente, en raison de leur demande de rencontrer un universitaire ouïghour emprisonné.

Michelle Bachelet

Depuis 2019, la Chine dit avoir invité des diplomates étrangers et la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, à se rendre au Xinjiang, région autonomie semi-désertique, frontalière notamment du Pakistan et de l’Afghanistan.

Cette région est accusée d’abriter près d’un million de Ouïghours et de membres d’autres ethnies musulmanes dans des camps de rééducation, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

La Chine réfute ce terme et parle de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à se siniser, trouver un emploi et ainsi l’éloigner de l’extrémisme islamiste.

Plusieurs capitales occidentales appellent la Chine à autoriser un accès sans entraves à la région, mais la Chine n’a jusqu’ici validé que des visites très encadrées.

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De fait, une mission de l’Union européenne est toujours en attente, car la délégation souhaite rencontrer Ilham Tohti, un universitaire ouïghour condamné à la prison à vie, a indiqué un diplomate européen à l’Agence France Presse.

«Les négociations sont dans l’impasse à cause de Tohti», affirme-t-il sous couvert de l’anonymat et se disant peu optimiste quant à un dénouement prochain.

Ilham Tohti

Ancien professeur d’économie à la Chine, Ilham Tohti, 51 ans, a été condamné en 2014 à la prison à vie pour «séparatisme», à l’issue d’un procès qui avait suscité l’indignation de gouvernements étrangers et d’organisations internationales.

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En 2019, le Parlement européen avait décerné à l’intellectuel le prix Sakharov des droits de l’Homme et réclamé sa libération immédiate.

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L’ambassadeur de Chine auprès de l’Union européenne, Zhang Ming, a assuré le 16 mars que «presque tout avait été arrangé» pour que des ambassadeurs de pays de l’UE se rendent au Xinjiang. Mais des «demandes inacceptables», selon lui, sont à l’origine du blocage.

«Ils insistent sur une rencontre avec un criminel condamné par la loi chinoise», a dénoncé Zhang Ming, sans nommer Ilham Tohti. La justice reproche à ce dernier d’avoir, durant ses cours, d’avoir fait l’apologie d’auteurs d’attentats.

En effet, le Xinjiang a été frappé durant plusieurs années par des attentats meurtriers attribués à des militants ouïghours et est désormais soumis à un contrôle policier drastique.