La Chambre de commerce du Canada a estimé que la décision de la Chine d’interdire les importations de canola en provenance du Canada n’a aucun fondement scientifique.

La décision chinoise concerne l’exportation de canola d’une valeur de 2 milliards de dollars (1,76mds €). Le Canada a exporté pour plus de 5 milliards de dollars canadiens de canola (3,3 milliards d’euros) en 2018, selon les chiffres des agriculteurs canadiens.

Mark Agnew, directeur principal des politiques internationales à la Chambre, a expliqué aux médias qu’il « fait confiance aux évaluations scientifiques de Santé Canada et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, selon lesquelles le canola canadien est sans danger ».

La Chine a déclaré avoir trouvé des organismes dangereux dans les cargaisons des deux principaux exportateurs de canola, Richardson International et Viterra. De son côté, le Premier ministre, Justin Trudeau, a indiqué l’envoi en Chine d’une délégation de «haut niveau» pour dialoguer avec les autorités.

Cette dernière devra trouver une solution au blocage des importations d’un second producteur canadien de canola. Cette délégation devra aussi discuter des efforts mis en place au Canada «en matière de surveillance, d’inspection et de science pour assurer la sécurité et la qualité» de son canola, a indiqué le premier ministre canadien lors d’un point presse.

L’interdiction par Beijing des importations d’un deuxième producteur canadien de canola, intervient moins d’un mois après le blocage des importations du plus grand producteur agricole canadien, Richardson.

La Chine «continuera à renforcer les quarantaines sur place et les tests en laboratoire et l’identification des graines de ccanola canadiennes importées», ont précisé les autorités.

D’ailleurs, l’Empire du milieu est l’un des principaux marchés pour le canola canadien, le géant asiatique absorbant près de 40% des exportations canadiennes.

Les relations entre Ottawa et Beijing traversent une crise sans précédent depuis l’arrestation le 1er décembre à Vancouver de la directrice financière du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, accusée par les États-Unis d’avoir contourné les sanctions américaines sur l’Iran.

Depuis l’arrestation de la fille du fondateur de Huawei, la Chine a arrêté deux Canadiens, dont un ancien diplomate soupçonné d’espionnage, tandis qu’un tribunal chinois en a condamné à mort un troisième. La Chine a assuré à plusieurs reprises que ces cas n’avaient aucun lien avec l’affaire Huawei.