En collaboration avec LeLezard.Com – La Chine et les Pays-Bas ont annoncé le 27 juin une nouvelle initiative destinée à accélérer les mesures visant à rendre la Chine et la région plus résilientes face aux effets de la crise climatique sur leur fragile environnement écologique.

La Chine connaît des évènements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses. Autrefois rares, les inondations, vagues de chaleur, sécheresses et tempêtes de poussière ont désormais souvent lieu et causent de graves dommages à la santé et à la société.

Conscient de ces défis, le Premier ministre de la République populaire de Chine, Li Keqiang, a accepté l’invitation de Mark Rutte, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas, à travailler ensemble pour accélérer la lutte contre les effets du changement climatique dans tout le pays.

Les deux gouvernements, qui sont par ailleurs organisateurs de la Commission mondiale sur l’adaptation, reconnaissent qu’il ne s’agit pas d’une alternative au redoublement des efforts pour arrêter le changement climatique par l’atténuation, mais d’une action essentielle complémentaire à ces efforts.

Dans le cadre de la création du premier bureau régional du Centre mondial pour l’adaptation au changement climatique (Global Center on Adaptation ou GCA) en Chine, les deux pays ont convenu de travailler en étroite collaboration pour accélérer les mesures d’adaptation, dans l’optique de favoriser une plus grande résilience et d’atteindre les objectifs de développement durable.

Le bureau régional prendra en charge des initiatives d’adaptation transformatrices et de grande envergure dans toute l’Asie. Il est le premier élément d’un réseau mondial de bureaux et de représentants du GCA planifiés et répartis dans le monde entier, qui a pour mission de faciliter le partage des connaissances et d’inciter à l’action dans différents territoires.

Lors de la cérémonie d’ouverture du Bureau du Centre mondial sur l’Adaptation en Chine, au Grand Palais du Peuple, le Premier ministre Li Keqiang a déclaré que «nous sommes heureux de voir l’ouverture du bureau chinois du Centre mondial pour l’adaptation. Nous pensons qu’elle sera un grand catalyseur de la collaboration entre la Chine et la Commission mondiale pour l’adaptation et qu’elle aidera également la Chine, plus grand pays en développement du monde, à relever le défi climatique avec d’autres pays de la communauté internationale ».

En effet, le Centre mondial pour l’adaptation (Global Center on Adaptation ou GCA) gère la Commission mondiale pour l’adaptation. Lancé en 2018, le Centre mondial pour l’adaptation s’efforce d’accélérer les mesures et le soutien en faveur des solutions d’adaptation, de l’échelle internationale à l’échelle locale, des secteurs public et privé, afin que nous puissions apprendre les uns des autres et travailler de concert pour construire un avenir résilient face au climat.

Le Centre est un partenaire de gestion de la Commission mondiale pour l’adaptation qui incite les collectivités, les villes et les pays à se préparer dynamiquement aux bouleversements que suppose le changement climatique afin de pouvoir tirer parti des options les meilleures et les plus rentables, réduire les risques et en sortir plus forts. La Commission est dirigée par Ban Ki-moon, huitième secrétaire général des Nations unies, Bill Gates, co-président de la Fondation Bill & Melinda Gates et Kristalina Georgieva, PDG de la Banque mondiale. Il est conseillé par 32 délégués et 19 pays organisateurs, qui représentent toutes les régions du globe.

Ce dernier a ajouté qu’« au nom du gouvernement chinois, je tiens à louer l’ouverture du bureau en Chine et à exprimer notre sincère gratitude au Premier ministre Mark Rutte et à Ban Ki-moon pour le soutien qu’ils ont apporté aux efforts que déploie la Chine pour relever le défi climatique. Le gouvernement chinois prend très au sérieux la question du changement climatique. Celui-ci est un défi mondial qui exige une coopération planétaire. Il est important que nous améliorions nos capacités d’atténuation et d’adaptation. La Chine continuera également d’aider d’autres pays en développement, en particulier les petits États insulaires, à renforcer leur capacité à affronter le changement climatique dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Les Chinois prennent au sérieux les engagements qu’ils ont pris et la Chine va continuer à tenir sa parole devant la communauté internationale et d’apporter sa propre contribution à la réponse mondiale au changement climatique».

De son côté, Mark Rutte, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas a indiqué qu’une « grande partie des Pays-Bas se trouve en-dessous du niveau de la mer. À nos yeux, il a toujours été évident que l’atténuation et l’adaptation doivent aller de pair. Mais comme un nombre croissant de personnes dans le monde vivent chaque jour les impacts du changement climatique, des solutions pratiques doivent être mises en place pour aider les personnes qui souffrent le plus. Les Pays-Bas sont prêts à partager, avec la Chine et d’autres régions du globe, leur expérience sur la façon dont des choix éclairés par le climat peuvent contribuer à garantir les bienfaits de ces investissements et à éviter des milliards de dollars de pertes que pourraient causer de futures tempêtes extrêmes, sécheresses et autres impacts sur le climat».

Lors de la cérémonie, Patrick Verkooijen, PDG du Centre mondial pour l’adaptation a souligné que «les effets de l’urgence climatique pourraient faire plonger plus de 100 millions de personnes dans la pauvreté à l’horizon 2030, et des centaines de millions de personnes pourraient être confrontées à d’importantes pénuries alimentaires à l’échelle planétaire. Je suis ravi de voir que la Chine accueille le premier bureau régional du Centre mondial pour l’adaptation. Ils sont conscients du fait que si l’atténuation seule ne suffit pas, les coûts de l’adaptation sont inférieurs à ceux qu’entraînerait une forme d’inertie. Il y a de nombreuses lueurs d’espoir là où les efforts d’adaptation ont commencé, mais il est nécessaire de prendre des mesures plus urgentes et de faire preuve d’innovation et d’envergure pour éviter que les impacts climatiques ne deviennent de plus en plus graves d’année en année».