Depuis l’an dernier, le gouvernement a instauré une série de mesure visant à préserver les enfants délaissés par leurs parents, partis travailler dans les grandes villes du pays. Ces enfants seraient près de 6 millions à vivre avec l’un de leurs parents. Déprimés, abandonnés, ils subissent des violences à l’école et deviennent pour d’autres des bourreaux. Conscient du mal-être de ces enfants abandonnés, le gouvernement a décidé de mettre en place une politique économique et sociale pour les préserver et ainsi soutenir des millions d’enfants.

Après la diffusion sur les réseaux sociaux de nombreux cas de violence à l’école, les autorités ont décidé de lancer une campagne de lutte contre le harcèlement scolaire auprès du personnel éducatif dans les grandes villes et les ruralités, afin qu’il prévienne, soutienne et parvienne à protéger les enfants violentés.

Les établissements scolaires appelés à l’ordre

Débutée ce mois-ci, cette campagne prendra fin en décembre 2016 dans les écoles primaires, les collèges, les lycées et les écoles professionnelles. Le but est de sensibiliser le personnel sur la législation et la psychologie. Des membres de la police et du personnel judiciaire interviennent dans les écoles pour donner des enseignements, a indiqué le ministère de l’éducation, le 8 mai.

enfantsD’ailleurs, pour le comité de la supervision de l’éducation du Conseil des Affaires d’État, le harcèlement est « un abus physique ou verbal, ou un abus en ligne ». Face à la recrudescence des actes de harcèlement, comme la vidéo d’une jeune fille giflée plus de 30 fois par un groupe de filles plus âgées, en avril, où encore, le suicide d’un lycéen qui « pouvait plus supporter d’être harcelé chaque jour » (CCTV). Les actes ne cessent de croitre ces dernières années.

Pour parer aux violences, désormais plus visibles, grâce à Internet, le gouvernement central a exigé des directeurs d’écoles, de collèges et de lycées, le renforcement des mesures de prévention, le traitement des cas de harcèlement et la mise en place d’un plan d’urgence pour les incidents graves.

Les établissements scolaires doivent également créer une ligne téléphonique spéciale destinées à alerter tous cas de harcèlement, et rapporter obligatoirement à la police tout incident impliquant des crimes.

36% des enfants délaissés violenté 2 à 3 fois par mois

Les zones rurales sont concernées par cette campagne, d’autant plus que la situation est particulièrement inquiétante dans les internats. En effet, plus de 36% des enfants délaissés font l’objet de violences 2 à 3 fois par mois dans leur internat.

La Growing Home de Beijing, en collaboration avec l’Institut de Chine pour la Recherche en finance éducative de l’Université de Beijing, l’Institut d’Économie de la population et du travail de l’Académie chinoise des sciences sociales (IEPT-ACSS) et l’école d’Économie du travail de la Capital University of Economics and Business, a publié un rapport sur les violences faits à l’encontre de ces enfants, publié le 11 mai.

Le document révèle que  31,7% des écoliers affirment être l’objet de violences deux à trois fois par mois, 16,5% le sont au moins une fois par semaine et 48% en sont les témoins directs.

L’enquête, débutée en octobre 2015, a été réalisé auprès de plus de 10’000 enseignants et parents, elle montre que 36% des enfants vivant en internat ont leurs deux parents qui ont travaillé dans d’autres villes pendant plus de six mois, et 60% ont l’un de leurs deux parents travaillant dans une autre ville.

Ainsi isolés, les enfants subissent des violences, 36,3% d’entre eux sont l’objet de violences deux à trois fois par mois et 26,3% affirment s’en prendre à d’autres écoliers à la même fréquence.

Des enfants sujets à la dépression

D’après ce rapport, « les enfants délaissés se trouvent souvent dans des situations moins avantageuses », que ce soit les conditions physiques (taille et poids), la qualité du sommeil, l’état mental, les relations interpersonnelles et les performances scolaires.

Plus de 18% d’entre eux ont déjà redoublé, soit 2,3 points de plus que les enfants dont parents sont à la maison. Ils sont également 8 fois plus enclins à la dépression.

pauvretéInterrogé par le China Internet Information Center, Yang Dongping, directeur du think-tank, 21st Century Education Research Institute, a expliqué que « la majorité des internats ruraux manquent d’activités culturelles et de mesures d’assistance, laissant les enfants préoccupés par de longues heures de travail les rendant plus enclins à la dépression ».

Selon l’étude, 20,5% des enfants venant de la ville, ont aux troubles du sommeil, 76,01% sont dépressifs et ont des comportements violents.  Il apparait évident pour Song Yingquan, professeur associé à l’Institut de Chine pour la Recherche en finance éducative, que « les enfants venant des villes sont le groupe le plus vulnérable et nécessitant la plus grande attention ».

6 millions d’enfants abandonnés

Près de 6 millions d’enfants sont « abandonnés », soit plus du tiers des enfants vivant en Chine rurale, selon le rapport de l’organisation gouvernementale, la Confédération Nationale des Femmes.

Conscient du nombre croissance d’enfants délaissés, le gouvernement organise entre mars et juillet 2016  un recensement national des enfants ruraux délaissés, afin d’assurer « une bonne organisation de leur vie et de leur éducation », selon le ministère des affaires civiles.

Le but est d’identifier le nombre d’enfant et leur localisation, si ils ont un domicile, leur structure familiale et leur situation éducative. A cela s’ajoute, des données sur leur état de santé et les sources de revenus des membres de leurs familles.

Le recensement est géré par le Ministère des affaires civiles et les ministères de l’éducation et de la sécurité publique, qui vont établir une base de données qui concernera les enfants ruraux âgés de moins de 16 ans et dont « les parents ne représentaient pas leur aide familiale principale ».