Les agences de voyage chinoises doivent arrêter de vendre des voyages à forfait intérieurs et à l’étranger, ont décidé les autorités le 24 janvier, en raison de l’épidémie d’un nouveau virus qui a déjà fait 26 morts et contaminé plus de 800 personnes.

La mesure du ministère de la Culture et du Tourisme devrait avoir un impact significatif sur le secteur mondial du tourisme.

Les touristes chinois sont les voyageurs étrangers les plus nombreux au monde. Ils ont dépensé en 2018 130 milliards de dollars (environ 118 milliards d’euros) à l’étranger.

D’autant plus que le bilan du coronavirus en Chine s’est alourdit à 41 morts, a annoncé le 18 janvier la Commission nationale de santé, après que 15 nouveaux décès dus à l’épidémie ont été recensés dans la province du Hubei, où le virus est apparu en décembre 2019.

Le président chinois Xi Jinping a réuni le 18 janvier un politburo exceptionnel pour évoquer la propagation du virus et reconnu que le pays faisait face à une « situation sérieuse ». D’ailleurs, face à l’évolution de la situation, les autorités chinoises ont pris des mesures de confinement dans plusieurs villes de la région, alors que devaient débuter pour une semaine les festivités du Nouvel an lunaire.

Selon le dernier bilan arrêté à la date du 18 janvier, 1.372 cas ont été répertoriés depuis que l’épidémie s’est déclarée à Wuhan, dans le centre du pays. Un marché de fruits de mer qui vendait illégalement des produits serait à l’origine virus.

La chaîne de télévision publique China Global Television Network a rapporté sur Twitter qu’un médecin qui s’occupait à Wuhan de patients contaminés par le coronavirus était mort à cause du virus. Pour l’heure, aucune information ne précise si ce décès a été comptabilisé dans le bilan annoncé par les autorités.

Wuhan, ville de 11 millions d’habitants, a été placée à l’isolement, avec l’annulation de près de la totalité des vols et l’installation de points de contrôles routiers sur chaque axe permettant de quitter la ville. Des mesures de confinement similaires ont été prises à l’encontre d’une dizaine de villes situées à proximité de Wuhan dans le but de contenir l’épidémie.

Les autorités chinoises ont en outre suspendu l’ensemble du réseau de bus reliant Pékin aux provinces du pays à compter du 26 janvier, selon l’agence de presse, Reuters. Les autorités espèrent ainsi réduire le risque de propagation du virus. D’ailleurs, tous les voyages organisés, en Chine et à l’étranger ont été annulé.

Dans un communiqué publié dans la matinée du 24 jzniver, les autorités sanitaires de la province du Hubei ont indiqué que 180 cas supplémentaires avaient été répertoriés, portant le nombre de patients ayant contracté le virus à 752 dans la province.

A Pékin, la Commission nationale de la santé a annoncé le même jour avoir constitué six équipes médicales, composées au total de 1.230 membres, et envoyé trois d’entre elles à Wuhan.

Le virus, qui continue de muter selon les autorités chinoises, provoque de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, des symptômes communs à d’autres pathologies qui rendent le diagnostic difficile.

Trois équipes distinctes de chercheurs vont se lancer dans la mise au point d’un vaccin contre le nCoV-2019, selon la Coalition pour l’innovation en matière de préparation aux épidémies (CEPI), qui indique que l’objectif est d’obtenir au moins un vaccin potentiel en phase d’essais cliniques d’ici le mois de juin.

Certains experts veulent croire que ce nouvel agent pourrait être moins virulent que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), un coronavirus à l’origine d’une précédente épidémie, également apparue en Chine, ayant fait près de 800 morts en 2002-2003.