Taïwan a accusé la Chine d’avoir fait pression sur le Guyana pour qu’il renonce à l’accord signé avec Taipei pour ouvrir un bureau commercial, dénonçant la «nature malfaisante» du gouvernement chinois.

Le ministère des Affaires étrangères, à Taipei.

Moins de 24 heures après l’annonce de l’ouverture du bureau, par les autorités taïwanaises, le ministre des Affaires étrangères du Guyana a indiqué avoir abandonné ce projet, affirmant que son pays reste attaché à ses relations diplomatiques avec la Chine.

«Nous tenons à exprimer notre plus vive insatisfaction et nous condamnons le fait que le gouvernement chinois ait une nouvelle fois intimidé et réprimé Taïwan sur la scène internationale», a déclaré dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères taïwanais.

«Le gouvernement chinois dit une chose mais en fait une autre, ce qui ne fait que souligner sa nature malfaisante et éloigner davantage les deux camps», a écrit Taïwan.

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Le 4 février, les autorités de Taïwan avaient annoncé avoir signé en janvier un accord avec le Guyana pour ouvrir un bureau commercial qui avait commencé à fonctionner le 15 janvier. Cette démarche avait été immédiatement salué par les États-Unis.

L’accord n’impliquait pas de changement d’alliance diplomatique pour le Guyana, qui continue de reconnaître uniquement la République populaire de Chine.

Seuls 15 pays reconnaissent encore officiellement Taïwan. La Chine continentale considère Taïwan comme une province chinoise, appelée à rentrer dans le système de la Chine. Or depuis l’arrivée au pouvoir, en 2016, de la dirigeante Tsai Ing-wen, qui refuse de reconnaître que l’île et la Chine continentale font partie «d’une seule Chine», Beijing s’applique à tenir les autorités taïwanaises à l’écart des organisations internationales.

Mais dès le 4 février, le Guyana a publié un communiqué dans lequel il «précisait continuer à adhérer à la politique d’une seule Chine et que ses relations diplomatiques avec la République populaire de Chine demeuraient inchangées».

Pour le porte-parole du gouvernement de Taïwan, Xavier Chang, la décision du Guyana est «unilatérale».

De son côté, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait mis en garde, le 4 février, contre toute tentative de Taïwan «d’obtenir un soutien étranger et de s’engager dans des activités séparatistes».