Signé en 2018, l’accord temporaire entre le Saint-Siège et Pékin portant sur la nomination des évêques vient d’être prolongé de deux ans.

Pape François

L’accord préliminaire entre la Chine et le Saint-Siège porte sur la nomination des évêques, sujet de tension depuis des décennies entre l’Église et la Chine. En effet, l’Église dite «patriotique de Chine», ou «Association patriotique des catholiques chinois» est une église nationale créée en 1957, sous l’égide de la législation chinoise.

Lire aussi : La Chine et le Vatican reprennent les discussions

En septembre 2018, la Chine refuse de reconnaître une autorité étrangère, celle du Saint-Siège, en nommant ses évêques sans demander l’avis du Saint-Siège. Cependant certains de ses évêques affirmaient secrètement leur fidélité au Saint-Siège qui reconnaissait régulièrement ses nominations.

«La Chine et le Vatican ont décidé, après des consultations amicales, de prolonger pour deux ans l’accord temporaire sur la nomination des évêques», a indiqué un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

La Chine et le Vatican ont signé en septembre 2018 qui a mit fin à près de 70 ans d’un différend centré autour de la nomination des évêques. Le texte, d’une durée provisoire de deux ans, prévoyait une reconduction.

Lire aussi : L’accord Vatican-Chine confirmé par le Pape François

Les catholiques de Chine sont divisés depuis de nombreuses années entre une Église «souterraine», illégale car traditionnellement fidèle au pape et une Église «patriotique». Aux termes de l’accord de 2018, le pape François a reconnu huit évêques initialement nommés par la Chine sans son approbation. Et inversement, au moins deux anciens évêques de l’Église clandestine ont été reconnus par la Chine.

Mais les concessions offertes par le Vatican n’ont pas pour autant facilité la vie des fidèles de l’Église clandestine, qui représenteraient environ la moitié des quelque 12 millions de catholiques chinois.

Les catholiques chinois, comme d’autres croyants, font face depuis plusieurs années à une politique de «sinisation». Celle-ci s’est traduite par la destruction d’églises ou de croix placées au sommet des édifices, ainsi que par des fermetures de maternelles confessionnelles.

Malgré les tensions et en vue d’apaiser les craintes des fidèles, le pape François, qui a par le passé évoqué son «rêve» de se rendre en Chine, cherche à rétablir les liens avec le régime communiste, rompus sur le plan diplomatique en 1951.

La Chine et le Saint-Siège «poursuivront la communication et des consultations étroites, et continueront à faire avancer le processus d’amélioration des relations», a assuré Zhao Lijian.