Après un long échange à Moscou, les ministres chinois et indiens sont parvenus à un consensus sur la situation dans leurs zones frontalières et sur les relations bilatérales.

Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu des discussions approfondies avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, le 10 septembre, sur la situation à leurs frontières ainsi que sur les liens bilatéraux, les deux hommes parvenant à un consensus en cinq points concernant la situation actuelle.

Un consensus, une même volonté

« Il est normal pour la Chine et l’Inde d’avoir des différences en tant que grandes puissances voisines. Ce qui est important, c’est de replacer celles-ci dans un contexte approprié vis-à-vis des relations bilatérales » a déclaré le ministre Wang Yi.

Pour cela, la base des échanges entre la Chine et l’Inde porte sur « le consensus stratégique conclu entre les dirigeants chinois et indiens selon lequel la Chine et l’Inde ne sont pas des rivaux compétitifs ou constituent des menaces mutuelles, mais des partenaires de coopération avec des opportunités de développement mutuel ».

Lors d’un entretien en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Moscou, Wang Yi a souligné que » la Chine et l’Inde ont besoin en ce moment, c’est de coopération et non de confrontation, de confiance mutuelle et non de suspicion ».

Le ministre Subrahmanyam Jaishankara a souligné que son pays ne voulait pas que les tensions s’intensifient aux frontières, selon l’agence de presse Xinhua. « L’Inde ne considère pas que le développement de ses relations avec la Chine dépende du règlement de la question des frontières et elle n’entend pas revenir en arrière », a précisé ce dernier.

Subrahmanyam Jaishankara a assuré que les relations sino-indiennes ont fait des progrès constants ces dernières années. D’ailleurs, Xi Jinping et Narendra Modi se sont rencontrés à plusieurs reprises au cours des cinq dernières années, « parvenant à une série de consensus importants sur le développement des relations bilatérales ».

Un communiqué commun d’apaisement

La Chine et l’Inde parviennent à un consensus sur l’apaisement des tensions aux frontières. Après une série d’affrontements à leur frontière, la Chine et l’Inde sont convenues, autour d’une déclaration commune, d’«apaiser les tensions» dans l’Himalaya.

La Chine et l’Inde s’opposent, à 4 000 mètres d’altitude, à coups de provocations militaires qui ont fait pas moins de 20 morts côté indien à la mi-juin. L’affrontement au corps-à-corps a fait un nombre inconnu de victimes du côté de la Chine.

De plus, le 8 septembre, l’Inde et la Chine se sont mutuellement rejeté la responsabilité de tirs à leur frontière, les premiers depuis 1975. Après la réunion à Moscou, Wang Yi et Subrahmanyam Jaishankar sont convenus de travailler ensemble pour désamorcer la situation, selon un communiqué commun publié par leurs ministères respectifs.

Région du Ladakh, zone conflictuelle sino-indienne

Dans un consensus en cinq points sur l’évolution de la situation dans leurs zones frontalières et sur les relations bilatérales, ils ont convenu « de ne pas laisser les différends se transformer en conflit ».

Notant que la tension dans les zones frontalières, « ils ont également reconnu que les forces frontalières des deux côtés devaient poursuivre leur dialogue, se désengager rapidement, maintenir une distance appropriée et apaiser les tensions ».

Par ailleurs, Beijing et New Delhi poursuivront leur dialogue via le mécanisme du représentant spécial sur la question frontalière entre la Chine et l’Inde, tandis que le mécanisme de travail pour la consultation et la coordination sur les affaires frontalières entre la Chine et l’Inde devrait également poursuivre ses réunions.

En effet, les discussions tournent autour de la Ligne de contrôle effectif (« Lign of Actual Control », LAC), frontière de facto entre l’Inde et la Chine, qui n’est pas correctement démarquée.

Cette situation peut conduire soldats chinois et indiens à des rencontres lors desquelles chacun pense que l’autre viole la ligne. Le dernier conflit ouvert entre la Chine et l’Inde et dotées de l’arme nucléaire remonte à la guerre éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.