Malgré l’escalade des tensions frontalières entre la Chine et l’Inde au cours des dernières semaines, les investisseurs chinois ont de plus en plus investi dans l’écosystème des startups indiennes en se concentrant sur les entreprises de technologie Internet.

Kiran Raj, analyste principal des technologies de rupture chez GlobalData, a expliqué que « les investisseurs chinois sont très motivés pour investir dans les startups Internet de l’Inde, qui est le deuxième pays le plus peuplé avec plus de 500 millions d’utilisateurs d’Internet. De plus, le manque de géants de la technologie pour investir d’énormes sommes d’argent dans les startups du pays à une vitesse souhaitable pousse souvent les jeunes entrepreneurs indiens à rechercher en Chine des capitaux rapides ».

Une analyse de la base de données des transactions du Disruptor Intelligence Center de GlobalData révèle une croissance 12 fois supérieure des investissements chinois dans les startups indiennes au cours des quatre dernières années, passant de 381 millions de dollars US (342,9 M€) en 2016 à 4,6 milliards de dollars US ‘4,14 mds €) en 2019.

La majorité des licornes en Inde (17 sur 24 ) sont actuellement soutenus à la fois par des entreprises et des sociétés d’investissement en mode pur de Chine, principalement Alibaba et Tencent.

Alibaba et sa filiale Ant Financial ainsi que d’autres sociétés chinoises ont investi plus de 2,6 milliards de dollars (2,34 mds €) dans quatre licornes indiennes: 1,3 milliard de dollars américains dans la start-up de fintech et de commerce électronique Paytm, 500 millions de dollars américains dans la startup de commerce électronique Snapdeal, 455 millions de dollars américains dans la livraison de nourriture et d’épicerie en ligne la start-up BigBasket et 362 millions de dollars en agrégateur de produits alimentaires en ligne et en démarrage de livraison Zomato.

Tencent et d’autres ont investi plus de 2,4 milliards de dollars (2,16 mds €) dans cinq licornes: 1,1 milliard de dollars américains dans l’agrégateur de cabines Ola, 1,0 milliard de dollars américains dans la startup de livraison de nourriture en ligne Swiggy, 175 millions de dollars américains dans l’application de messagerie sociale Hike, 100 millions de dollars (90 M€) dans la start-up de sports fantastiques Dream11 et les États-Unis, et 71 millions de dollars dans BYJU de démarrage ed-tech.

Parmi les autres investisseurs chinois notables actifs dans l’écosystème des startups indiennes figurent Meituan-Dianping, Didi Chuxing, Fosun, Shunwei Capital, Hillhouse Capital Group, China Lodging Group et China-Eurasia Economic Cooperation Fund.

Kiran Raj, « jusqu’à l’année dernière, sans se laisser décourager par les tensions géopolitiques, la Chine a placé des paris considérables sur les startups technologiques indiennes anticipant une croissance significative à moyen et long terme ».

Cependant, le récent conflit frontalier et le resserrement de la politique des IDE en Inde dans le cadre de COVID-19, et la mise en garde pour éviter la prise de contrôle ou l’acquisition d’actifs en détresse par les pays partageant la frontière, peuvent empêcher les investisseurs chinois de réaliser leurs objectifs d’investissement.

Néanmoins, « il ne s’agit que d’une mesure temporaire et l’impact à long terme ne peut être réalisé qu’à l’avenir étant donné l’importance des relations bilatérales d’investissement entre les deux pays », a assuré l’analyste du Global Data.