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La Russie va augmenter ses livraisons de pétrole vers la Chine

La Russie va augmenter ses livraisons de pétrole vers la Chine

La Russie est prête à augmenter ses livraisons de pétrole vers la Chine et l’Inde si la demande de ces pays augmente considérablement, a déclaré le 27 février le vice‑Premier ministre Alexander Novak.

Ce dernier a indiqué qu’ils sont « toujours prêts », car le pétrole russe « est demandé. Nous le vendrons s’il est acheté », a-t-il indiqué lors d’un point presse, lorsqu’un journaliste lui a demandé si Moscou pouvait étendre les expéditions vers ces deux importants acheteurs asiatiques.

Ces déclarations interviennent alors que les tensions croissantes au Moyen-Orient suscitent des inquiétudes sur d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial, notamment à travers le détroit d’Hormuz. Les Gardiens de la révolution iranienne (IRGC) ont indiqué le 2 mars que le détroit d’Hormuz était fermé au transit et ont averti que les navires tentant de le franchir seraient attaqués, après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

Situé à l’entrée du golfe Persique, le détroit relie les exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d’Arabie et l’océan Indien. Cela représente une voie clé pour les expéditions de brut vers la Chine et l’Inde.

La Chine a intensifié sa demande

La Chine va augmenter ses importations de pétrole russe en janvier 2026, absorbant des volumes qui étaient auparavant destinés à l’Inde et à la Turquie, alors que les sanctions occidentales obligent la Russie à rediriger ses flux, selon les données de LSEG et des sources commerciales.

Les États-Unis et l’Union européenne ont imposé fin 2025 des sanctions drastiques visant les vendeurs et transporteurs de pétrole russe, notamment les géants énergétiques Rosneft et Lukoil, compliquant les achats pour les acheteurs mondiaux et renforçant la surveillance des exportations de brut russe.

La Chine devrait recevoir près de 1,5 million de barils par jour (bpj) de pétrole russe par voie maritime ce mois-ci, contre 1,1 million de bpj en décembre, selon des données préliminaires de LSEG.

La Chine, grand consommateur du mélange ESPO de l’Extrême-Orient russe, a également porté ses importations de pétrole russe Urals à un niveau record de 405 000 bpj en janvier, le plus élevé depuis la mi-2023, selon les chiffres de la société de conseil énergétique Kpler.

De son côté, l’Inde, auparavant principal acheteur de brut russe Urals par voie maritime depuis l’embargo de l’UE sur le pétrole russe en 2022, a réduit ses achats à moins de 1 million de bpj en décembre, contre une moyenne de 1,3 million de bpj l’année dernière, selon LSEG. Les raffineurs indiens devraient maintenir les importations de pétrole russe autour d’1 million de bpj en janvier alors qu’ils diversifient leurs sources d’approvisionnement.

La Turquie, autre grand acheteur de pétrole russe, a diminué ses importations d’Urals en janvier 2026 à environ 250 000 bpj, contre une moyenne de 275 000 bpj en j2025, assez loin du record de 400 000 bpj atteint en juin 2025. « Avec la baisse récente des achats indiens et turcs, certains cargaisons d’Urals russes se sont dirigées vers la Chine », a indiqué un opérateur impliqué dans la vente de pétrole russe.

Les rabais pour le brut Urals livré à la Chine fin 2025 se sont élargis jusqu’à 12 $US par baril sous le ICE Brent pour certaines cargaisons. Or les différentiels actuels de l’Urals varient autour de -10 $US par rapport au référentiel, selon deux opérateurs actifs sur le marché asiatique.

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