jeudi, juillet 25

L’américain Micron accusé de défaillances de sécurité par la Chine

Le géant américain du secteur Micron a été accusé le 21 mai par la Chine de défaillances de sécurité, Pékin appelant les entreprises travaillant avec des données sensibles à arrêter d’acheter ses puces.

Nouveau signe de la confrontation entre les États-Unis et la Chine sur les semi-conducteurs, les micropuces font vivre l’économie mondiale moderne et représentent un secteur crucial. Ces petites tranches de silicium se situent dans tous types d’appareils électroniques, tels que les ampoules LED, les machines à laver, les voitures ou les smartphones.

Les puces informatiques de Micron « présentent des problèmes potentiels pour la sécurité des réseaux relativement sérieux, ce qui pose un problème majeur à la sécurité des chaînes d’approvisionnement (…) et affecte la sécurité nationale de la Chine« , a indiqué l’organisme chargé de la cybersécurité en Chine dans un communiqué.

« Les opérateurs d’infrastructures travaillant avec des données sensibles en Chine devraient arrêter d’acheter les produits de Micron« , a poursuivit le communiqué.

La Chine donne une large définition aux « opérateurs d’infrastructures travaillant avec des données sensibles« , qui vont des entreprises de transport à celles de la santé. De son côté, la société Micron, a indiqué que « nous avons reçu les conclusions du régulateur sur sa revue de nos produits vendus en Chine« .

« Nous évaluons ces conclusions et réfléchissons aux prochaines étapes« , a ajouté Micron. Interrogée sur un éventuel appel de la décision chinoise, une porte-parole de Micron a répondu « nous nous réjouissons de poursuivre les discussions avec les autorités chinoises« .

Micron, basée dans l’Idaho est le quatrième fabricant mondial de semi-conducteurs avec une part de marché de 20 à 25% de l’industrie des DRAM (puces de mémoire vive). Environ 10% des 30,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires du groupe en 2022 provenaient de Chine.

Cependant, une grande part des produits Micron vendus en Chine est achetée par des fabricants étrangers, selon les analystes. Il est donc difficile de savoir si la décision de la Chine concerne aussi les ventes à des groupes étrangers.

Gérer les risques liés à la sécurité nationale

La Chine avait annoncé début avril une procédure contre le groupe américain, afin de « passer en revue » les produits du fabricant de composants électroniques et de prévenir d’éventuels « risques » pour sa « sécurité nationale« .

« Il s’agit d’une mesure réglementaire ordinaire prise […] pour protéger la sécurité nationale« , avait indiqué alors une porte-parole de la diplomatie chinoise, Mao Ning.

Sous couvert de la « sécurité nationale« , Washington avait annoncé en octobre 2022 de nouveaux contrôles à l’exportation pour limiter l’achat et la fabrication par la Chine de puces haut de gamme « utilisées dans des applications militaires« .

Par la suite, les Etats-Unis ont convaincu le Japon et les Pays-Bas de ne plus exporter de technologie permettant à la Chine d’acheter ou de produire des puces plus avancées que celles des américains.

La Chine a déjà dépensé ces 10 dernières années des milliards de dollars pour sa propre industrie de semi-conducteurs, afin de ne plus dépendre des importations étrangères pour ses puces électroniques.

En 2021, la Chine a importé pour plus de 430 milliards de dollars de semi-conducteurs et vient par ailleurs de durcir ses lois relatives à la sécurité nationale et l’anti-espionnage. Plusieurs sociétés, notamment d’audit et de conseil, se sont récemment retrouvées dans le collimateur de la Chine, à l’instar de l’américain Bain & Company ou du groupe Capvision, qui dirige le plus grand groupe de réseaux d’experts de Chine.

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