Le Japon a formulé une protestation officielle auprès de la Chine, l’accusant de prospecter dans des champs gaziers disputés en mer de Chine orientale.

Le ministère japonais des Affaires étrangères a indiqué le 20 mai avoir déposé une plainte auprès de l’ambassade de Chine à Tokyo.
En effet, Tokyo accuse Pékin d’avoir construit 17 plateformes de forage dans un secteur où les zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays se chevauchent en mer de Chine orientale.

WANG YI EXHORTE TOKYO A RESPECTER LE TRAITE

«Il est extrêmement regrettable que la partie chinoise procède unilatéralement au développement dans ces eaux», a déclaré le ministère. «Les frontières des zones économiques exclusives et du plateau continental n’ont pas encore été fixées en mer de Chine orientale», a-t-il rappelé.

Le Japon estime que la ligne médiane entre les côtes des deux pays marque les limites de leurs ZEE respectives. Mais la Chine juge que la frontière se situe plus près de la côte du Japon, en tenant compte du plateau continental et d’autres caractéristiques de l’océan.

En 2008, le Tokyo et Pékin s’étaient entendus pour exploiter conjointement les champs gaziers dans les zones disputées et à suspendre les prospections unilatérales. Cependant, les négociations visant à déterminer les façons d’appliquer cet accord avaient été suspendues deux ans plus tard et n’ont jamais repris. 

Deux jours avant le dépôt des protestations japonaises, le conseiller d’Etat et ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, a exhorté le Japon à « supprimer les éléments de perturbation qui nuisent aux relations sino-japonaises, et à travailler avec la Chine pour maintenir leur amitié difficilement obtenue ».

TOKYO VEUT PRÉSERVER SES RELATIONS AVEC LA CHINE

Ce dernier a eu une rencontre virtuelle avec le ministre japonais des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi. Wang Yi lui a indiqué qu’en 2021, « les hauts dirigeants des deux pays sont parvenus à un consensus important sur la construction d’une relation répondant aux exigences de la nouvelle ère ».

Raisons pour lesquelles, Pékin a exhorté le Japon « à suivre ce consensus comme une orientation et à saisir l’occasion du 50e anniversaire de la normalisation de leurs relations diplomatiques cette année pour consolider les fondements politiques des relations bilatérales, ainsi que pour maintenir et développer l’amitié durement gagnée par les deux peuples ».

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« Les actions négatives du Japon sur Taiwan et d’autres questions concernant les intérêts fondamentaux et les préoccupations majeures de la Chine ont pris de l’importance récemment », a indiqué Wang Yi qui a appelé à éliminer les facteurs de perturbation des relations bilatérales dès que possible.

Selon l’agence de presse Xinhua, Yoshimasa Hayashi a indiqué que le Japon et la Chine partageaient de larges intérêts communs, et bénéficiaient d’un énorme potentiel et de larges perspectives de coopération.

« Le Japon est prêt à travailler avec la Chine pour chérir l’aspiration initiale de la normalisation des relations diplomatiques, maintenir une communication franche, réduire les malentendus et les erreurs de jugement, traiter correctement les questions sensibles, et renforcer la confiance mutuelle politique », a souligné ce dernier.