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MONDE

Le nucléaire, sujet épineux entre Paris et Pékin

Le projet de partenariat signé entre EDF et son homologue chinois CGNPC est le centre d’une enquête par l’Inspection générale des Finances, depuis le 25 décembre 2012, avec en ligne de mire le président français Henri Proglio, selon Le Canard Enchaîné.

Cette enquête vise à éclairer les conditions dans lesquelles le PDG d’EDF, Henri Proglio, a signé en novembre 2011 ce partenariat avec l’entreprise d’État, China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC). L’affaire fait tellement de bruit, qu’elle est l’un des thèmes de la visite du ministre de l’économie, Pierre Moscovici en Chine, le gouvernement a tenté de rassurer ses homologues.

Ce projet d’accord prévoyait la construction de centrales nucléaires équipées d’un nouveau réacteur, différent de l’EPR. Mais face au flou, l’accord aurait été bloqué le 19 avril 2012, trois jours avant la visite de l’ancien ministre de l’Économie de l’époque, François Baroin.

Les secrets français révélés

Dévoilant des extraits du projet d’accord Le Nouvel Observateur, mettant en avant la fuite des secrets de l’industrie nucléaire française. Notamment, en offrant la possibilité à CGNPC de devenir l’un de ses fournisseurs de « gros composants » – des éléments aussi stratégiques que les générateurs de vapeur ou les systèmes de commande -, de « maintenance » et d' »ingénierie« .

Les Échos avaient alors supposé qu’Henri Proglio « était prêt à livrer contrats et secrets du parc nucléaire français aux chinois, dans l’espoir de s’allier les seuls électriciens du monde qui continuent à construire des réacteurs ». Ce projet accord aurait alors nuit gravement aux intérêts du constructeur nucléaire français, Areva et les filières nucléaires françaises.

Pour certains responsables de l’Agence des Participations de l’État, qui siègent au conseil d’administration en tant que représentants de la puissance publique actionnaire : « il ne peut pas être question d’ouvrir aux Chinois la base industrielle de notre parc nucléaire, le premier au monde, » a indiqué à Le Nouvel Observateur, un des représentants.

Centrale nucléaire de Fessenheim, Haut-Rhin, Alsace

Centrale nucléaire de Fessenheim, Haut-Rhin, Alsace

Une alliance tripartite complexe

En plus de l’enquête de l’Inspection générale des Finances sur les conditions de signatures entre EDF et CGNOC, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) recherche les liens franco-chinois en matière de nucléaire civil.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à des négociations menées entre EDF et le chinois Guangdong Nuclear Power Corporation (CGNPC) en 2011.

Raison pour laquelle, le Comité de groupe européen (CGE) d’Areva, instance représentative des salariés du groupe, avait demandé à EDF de lui transmettre une copie du protocole d’accord franco-chinois, en décembre 2012.

De plus, à la demande du gouvernement français, EDF aurait signé un accord confidentiel tripartite avec Areva et CGNPC, en octobre 2011, suite à une réunion du conseil de politique nucléaire.

Cet accord tripartite devait permettre la construction d’un réacteur commun de 1.000 MW. Cependant, les syndicats d’Areva craignent que les transferts de technologies prévus dans l’accord avec la Chine n’aillent trop loin, a expliqué Les Echos. D’autant qu’ils possèdent un réacteur de même puissance, appelé Atmea.

Inquiétude du gouvernement français

Face à la déferlante médiatique  et aux craintes d’une fuite des secrets industriels français, le ministre de l’économie Pierre Moscovici s’est rendu à Beijing, afin de rassurer ses alliés chinois, accusés de vouloir voler des technologies, ce qui n’a pas été très appréciés par ces dernier.

Le Quotidien du Peuple avait d’ailleurs précisé, le 30 décembre, que « la Chine maîtrise tous les modèles existants de réacteurs et est en pointe dans le monde pour le développement de nouveaux modèles ». Une défense faite suite aux accusations.

Rappelant les intérêts communs, le journal indépendant La Voix du peuple a indiqué que « la coopération sino-francaise dans le domaine de l’énergie nucléaire civile est l’illustration d’un partenariat industriel que la France et la Chine ont su bâtir sur le long terme ».

C’est dans un tel contexte de Pierre Moscovici a déclaré que « nous avons dans ce domaine un long partenariat que nous souhaitons continuer. Les questions de propriétés intellectuelles ne sont pas taboues ».

Préférant apaiser les rapports, un conseiller du ministre avait assuré que « les Chinois n’avaient pas envie de polémiquer, le sujet n’a pas été abordé dans le détails« . Soutenu par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ce dernier a précisé que « la Chine est la bienvenue dans la mesure où nous protégeons nos intérêts nationaux. Il faut rééquilibrer nos échanges ».  

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