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Environnement,TERRE

Les chinois voient rouge

Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un rouge communiste, mais d’une alerte rouge à la pollution, qui s’abat dans le nord de la Chine depuis plusieurs semaines. Les autorités chinoises ont lancé ce vendredi 18 décembre une seconde « alerte rouge » à la pollution, qui devrait être pire que celle de la semaine dernière.

Il s’agit d’une première dans l’histoire du système d’alerte à la pollution, 10 jours après la première lancée par le gouvernement, le 7 décembre. Cette première alerte avait été émise après de vives critiques en raison de la lenteur de réaction des autorités, suite à un important smog au début du mois de décembre.

Une situation nocive pour tous les habitants

Cette fois, les autorités de Beijing ont prévenu que la ville serait enveloppée d’un smog nocif de samedi soir à mardi. Et selon le Centre météorologique national (CMN), le smog s’étendrait de Xian, dans le centre du pays, jusqu’à Shenyang et Harbin dans le Nord-Est.

Le CMN avait déjà averti la veille que « certaines parties du nord de la Chine connaîtront le pire smog de l’année à partir de samedi ». Ce dernier avait alors assuré que « la pollution de l’air durera jusqu’à mardi prochain et sera plus grave que la vague de smog qui s’est abattue du 6 au 9 décembre et qui a forcé les autorités de Beijing à émettre le plus haut niveau d’alerte au smog pour la première fois depuis la création du système de réponse d’urgence en octobre 2013« .

Selon les observations des experts, la visibilité à Beijing et dans les régions voisines sera réduite à moins d’1km, durant cette nouvelle vague de smog, et la densité des PM2,5 dans certaines régions dépassera les 500 microgrammes par mètre cube, alors que l’Organisation mondiale de la Santé recommande un maximum de 25 microgrammes par mètre cube.

Face à de telles données, les autorités centrales ont invité leurs concitoyens à rester chez eux, lorsque le seul dépasse les 300 microgrammes. De plus, les écoles maternelles, primaires et secondaires seront fermées, les chantiers de construction sont interdits et certaines usines doivent limiter ou arrêter leur production, durant l’alerte rouge. Le bureau municipal a également ordonné la mise en place dès demain d’une circulation alternée pour les véhicules privés.

Le charbon, principal facteur de pollution

Plusieurs causes expliquent ce smog : l’intensification de l’exploitation des centrales électriques au charbon; des températures froides avoisinant la congélation; un important taux d’humidité et une absence de vent favorisant la stagnation de nuages pollués.

Cette nouvelle alerte intervient moins d’une semaine après la signature d’un accord à Paris, lors de la Conférence internationale sur la Climat des Nations Unies. Désormais, tous les pays devront maintenir la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2° Celsius et devront poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de température à 1,5 degré, selon le communiqué de l’ONU.

Cependant, ces engagements ne dérogeront pas la Chine d’engager ses mesures environnementales, comme la modernisation des centrales au charbon pour les rendre moins polluantes en réduisant de 60% les rejets des principaux polluants de ses centrales au charbon d’ici 2020.

Cette mesure saluée par l’ensemble des partenaires vise principalement à rassurer les chinois de plus en plus mécontents du smog, notamment après la diffusion le 28 février du documentaire de Chai Jing, intitulé « Sous le dôme« . En deux jours, la vidéo a reçu 200 millions de clics et a été commenté des millions de fois sur les forums, y compris celui du Quotidien du Peuple.

Une prise de conscience

Conscients de l’impact de l’industrialisation du pays, les chinois n’avaient pas conscience de l’ampleur des conséquences sur leur environnement et notamment sur leur santé. De plus, selon L’Obs, « ils ne soupçonnaient pas la gravité du mal, ni le rôle des politiques publiques dans ce désastre ».

Comme l’a relaté Radio France International, de nombreux parents « angoissés continuent à affluer dans les hôpitaux de la ville », afin de faire examiner leurs enfants. Gou Yuehan, 3 ans, attend avec son grand-père à l’hôpital pédiatrique Bayi, d’après RFI. Ce dernier a expliqué que « la pollution est très mauvaise pour les petits, poursuit son grand-père. Beaucoup d’enfants dans sa garderie sont malades. Elle est si jeune et si vulnérable. Je me fais des soucis. Lorsque l’air est mauvais, nous fermons les fenêtres et les portes ».

Face à cela et afin d’éviter tout soulèvement populaire, il s’avère que l’annonce du gouvernement sur la réduction des émissions « répond principalement à cette exaspération populaire », ont estimé des experts interrogés par l’Agence France Presse. D’ailleurs, d’après ces derniers, la modernisation des usines « est censée économiser quelque 100 millions de tonnes de charbon brut et éviter le rejet d’environ 180 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) chaque année ».

Cependant, aucune information n’a été donné sur les polluants visés, ni à partir de quelle date de référence la réduction de 60% était mesurée. Mais « réduire le smog dans les villes chinoises est impératif pour le gouvernement« , a déclaré à l’AFP Lin Boqiang, directeur du Centre de recherche sur l’économie du secteur de l’énergie à l’université de Xiamen.

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