La police vietnamienne a arrêté plus d’une centaine de personne lors d’une manifestation contre un plan gouvernementale visant à créer de nouvelles zones économiques pour les investissements étrangers.

Les manifestations se sont rapidement transformées en violences, au cours desquelles les autorités ont accusé les manifestants de lancer des cocktails Molotov et des pierres sur le siège du Comité populaire de la province de Binh Thuan, dans le sud-est du pays.

Le Comité populaire provincial a d’ailleurs appelé «les habitants locaux à ne pas suivre ces extrémistes qui violent la loi et perturbent l’ordre public. Des enquêtes sur ces incidents sont en cours», d’après Le Courrier du Vietnam.

Qualifiés d’«extrémistes» par les autorités vietnamiennes, des milliers de personnes ont manifesté dimanche 10 juin contre les projets de loi sur la cyber-surveillance et la zone économique que l’Assemblée nationale compte adopter. Le texte propose aux investisseurs étrangers des baux de 99 ans dans des zones économiques spéciales. Les manifestants s’inquiètent que cela ne donne trop de contrôle aux investisseurs chinois.

L’ambassade de Chine à Hanoi a averti ses concitoyens de faire attention, et publié sur son site Internet un communiqué faisant référence à des «rassemblements illégaux» qui incluaient un propos «anti-Chine».

Les relations entre la Chine et le Vietnam restent tendues, en raison des conflits territoriaux et du différent en mer de Chine méridionale. Malgré la tension visible, la présidente de l’Assemblée nationale, Nguyen Thi Kim Ngan, a exhorté les personnes à «garder leur calme et à faire confiance au parti et à l’Etat»

De son côté, le quotidien conservateur proche du gouvernement, Global Times, a dénoncé le traitement de ces manifestations, attestant qu’elles ciblaient la Chine, «attisant le sentiment anti-chinois parmi les Vietnamiens». 

Citant la proposition de loi proposée sur les ZES, le quotidien a assuré que «quelques radicaux vietnamiens ont réclamé que la loi conduirait à ‘l’occupation à long terme de la terre vietnamienne’ par les Chinois. Cette vision déforme les intentions initiales du gouvernement vietnamien, et utilise le sentiment anti-chinois pour inciter le nationalisme à défier le système politique actuel au Vietnam». 

Concernant les tensions entre les deux pays, le Global Times a assuré que «les différends relatifs à la mer de Chine méridionale ont été efficacement maîtrisés et la coopération bilatérale a été fructueuse». Le quotidien a rappelé que la Chine est le plus grand partenaire commercial du Vietnam, avec un volume commercial bilatéral de 121,3 milliards de dollars (102 milliards d’euros) en 2017, soit 24% de plus qu’en 2016.

Le Global Times dénonce une «incitation au nationalisme» par l’opposition au gouvernement dirigé par le Parti Communiste Vietnamien. Le quotidien argue que «maintenant que les intérêts mutuels chinois et vietnamiens sont devenus étroitement liés, sans incitation politique, il ne devrait pas y avoir de haine collective envers la Chine au Vietnam».