L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le 30 janvier que l’épidémie de coronavirus, dont l’épicentre se trouve en Chine et qui a fait au moins 213 morts, constitue une urgence de santé publique de portée internationale.

Le 23 janvier, après deux jours de discussions, le Comité d’urgence de l’agence onusienne avait estimé que l’épidémie ne constituait pas une urgence de santé publique de portée internationale, a écrit les Nations Unies, dans un communiqué publiée sur son site.

Une semaine plus tard, le Directeur général de l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le chef de l’OMS a de nouveau convoqué le comité d’urgence à Genève et déclarer que cette épidémie constituait une urgence sanitaire mondiale.

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A ce jour, plus de 213 personnes ont été tuées par le coronavirus, toutes en Chine et principalement dans la province du centre du pays, le Hubei.

«Jusqu’à présent, nous n’avons vu aucun décès en dehors de la Chine, dont nous devons tous être reconnaissants. Bien que ces chiffres soient encore relativement faibles par rapport au nombre de cas en Chine, nous devons tous agir ensemble maintenant pour limiter la propagation», a déclaré le Dr. Tedros lors d’une conférence de presse à Genève.

Soulignant la nécessaire solidarité envers les victimes, les personnes infectées et leurs communautés, «nous devons nous rappeler que ce sont des personnes, pas des chiffres» a assuré ce dernier.

La grande majorité des cas recensés – hors de Chine – se sont rendus à Wuhan, ou des contacts avec une personne ayant des antécédents de déplacement dans cette ville chinoise où le virus a été identifié pour la première fois.

«Nous ne savons pas quel type de dommages ce virus pourrait faire s’il se propageait dans un pays où le système de santé serait plus faible. Nous devons agir maintenant pour aider les pays à se préparer à cette éventualité», a précisé le patron de l’OMS.

«Pour toutes ces raisons, je déclare une urgence de santé publique de portée internationale concernant l’épidémie mondiale de nouveau coronavirus», a ajouté ce dernier. D’ailleurs, l’OMS a souligné l’importance des recommandations émises par son Comité d’urgence pour prévenir la propagation du coronavirus et assurer une réponse mesurée et fondée sur des preuves.

Les recommandations dans sept domaines clés.

  • Il n’y a aucune raison pour que des mesures interfèrent inutilement avec les voyages et le commerce internationaux. L’OMS ne recommande pas de limiter le commerce et les mouvements. « Nous appelons tous les pays à mettre en œuvre des décisions qui soient fondées sur des preuves et cohérentes », a dit le Dr. Tedros, soulignant que l’OMS est prête à fournir des conseils à tout pays qui envisage des mesures à prendre.
  • Les pays dont les systèmes de santé sont plus faibles doivent être soutenus.
  • Il faut accélérer le développement de vaccins, de thérapies et de diagnostics.
  • Les États doivent combattre la propagation des rumeurs et la désinformation.
  • Les autorités doivent examiner les plans de préparation, identifier les lacunes et évaluer les ressources nécessaires pour identifier, isoler et soigner les cas et prévenir la transmission.
  • Les États et les autorités sanitaires doivent partager les données, les connaissances et leurs expériences avec l’OMS et le monde.
  • La seule façon de vaincre cette flambée est que tous les pays travaillent ensemble dans un esprit de solidarité et de coopération.

«Nous sommes tous dans le même bateau, et nous ne pouvons arrêter (le coronavirus) qu’en (travaillant) ensemble », a assuré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que «c’est le moment des faits, pas de la peur. C’est le moment de la science, pas des rumeurs. C’est le moment de la solidarité, pas de la stigmatisation».

Qu’est-ce qu’une urgence de santé publique de portée internationale ?

Lorsqu’elle déclare une urgence de santé publique de portée internationale, l’OMS émet des recommandations temporaires. Il s’agit de mesures non contraignantes, mais significatives d’un point de vue pratique et politique, qui peut traiter différents aspects concernant les voyages, le commerce, les mesures de quarantaine, de dépistage et de soins, a écrit le service de l’Organisation des Nations Unies, sur son site.

L’agence onusienne peut également établir des normes pratiques mondiales.

«L’OMS peut demander des comptes aux pays lorsqu’ils dépassent inutilement ces normes mondiales», a précisé le Dr. Didier Houssin, Président du Comité d’urgence, cité par l’OMS sur Twitter, ajoutant que «cela est essentiel pour garantir que la réponse internationale à une épidémie soit fondée sur des preuves, mesurée et équilibrée afin de protéger la santé humaine de manière qui ne soit ni surréactive ni sous-réactive».