Le ministère des affaires étrangères a estimé ce 13 juin que la décision du président américain Donald Trump de geler les exercices militaires conjoints des Etats-Unis et de la Corée du Sud montrait que la stratégie de «double suspension» proposée par la Chine depuis des années.

Au lendemain du sommet historique de Singapour entre les présidents américain et nord-coréen Kim Jong-un, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang, a indiqué que la question de la sécurité de la péninsule coréenne ne pouvait se régler en une seule étape.

La Chine demande depuis des années la suspension des manœuvres de la Corée du Sud et des Etats-Unis, en échange de l’arrêt par la Corée du Nord de ses essais nucléaires et tests de missiles, afin que les deux camps puissent ouvrir des négociations.

Le gel des manœuvres militaires a été annoncé par Donald Trump lors de sa conférence de presse de clôture du sommet mais cela ne figure pas dans la déclaration commune. La décision a pris de court la Corée du Sud et le Pentagone, qui semblent ne pas en avoir été informés de cette intention.

Dans un article, publié sur le site de l’agence de presse Xinhua, Diao Daming, professeur agrégé à l’Université Renmin de Chine, a estimé que l’accord Kim-Trump «ne comprend pas de détails spécifiques sur les mesures que les deux parties prendraient pour parvenir à la dénucléarisation ou offrir des garanties de sécurité, ni sur la manière dont elles comptent renforcer leurs relations».

Zheng Yongnian, universitaire basé à Singapour, a expliqué que «les résultats de ce sommet s’inscrivaient dans le spectre des attentes et qu’il constituait un bon départ», estimant également que «la Chine avait joué un rôle constructif pour assurer la tenue de ce sommet, et qu’elle jouerait un rôle encore plus grand à l’avenir».

Ce dernier a assuré que «si la RPDC se concentre sur le développement économique, l’expérience emmagasinée par la Chine en matière de réforme et de politique d’ouverture depuis 40 ans pourrait lui être utile».

Les services de la présidence sud-coréenne ont estimé de leur côté que l’arrêt des exercices militaires «est peut-être nécessaire» pour faciliter les discussions sur la dénucléarisation, a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap.

Kim Eui-kyeom, porte-parole de la Maison-Bleue, a expliqué que «pour le moment, il est encore nécessaire de connaître la signification et l’intention exactes des déclarations du président Trump. Cependant, aussi longtemps que des discussions sérieuses auront lieu entre la Corée du Nord et les Etats-Unis sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne et l’établissement de la paix, nous pensons avoir besoin d’envisager divers moyens pour faire avancer encore plus ce dialogue».