Une confrontation armée entre Taiwan et la Chine n’est « absolument pas une option », a déclaré la dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen, qui promet tout de même de renforcer les défenses de l’île.

Cette dernière a réitéré son souhait d’ouvrir un dialogue avec la Chine, qui a accru sa pression militaire et politique et dénoncé les visites de délégations américaine et japonaise dans l’île.

Au cours d’une allocution devant le palais présidentiel pour la fête nationale, Tsai Ing-wen a estimé qu’il était « regrettable » que la Chine ait intensifié son intimidation et menacé la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan et dans la région.

« La Chine ne doit pas penser qu’il y a matière à compromis dans l’engagement des Taïwanais à la démocratie et la liberté », a ajouté la dirigeante.

« Je veux faire comprendre clairement aux autorités de Pékin qu’une confrontation armée n’est absolument pas une option pour nos deux camps », a déclaré Tsai Ing-wen, appelant à respecter la souveraineté et les libertés de Taïwan pour permettre une reprise des « interactions constructives » dans le détroit de Taiwan.

« Mais l’île va aussi démontrer qu’elle prend ses responsabilités pour assurer sa propre défense », a assuré cette dernière, indiquant que Taipei allait accélérer la production de missiles de précisions et de navires de pointe, tout en se procurant des armes ultra-mobiles, afin de répondre aux « menaces militaires externes ».

Tsai Ing-wen a également averti la Chine que l’île ne cèderait pas sur son mode de vie démocratique. « Le consensus le plus large au sein du peuple taïwanais et de nos différents partis politiques est que nous devons défendre notre souveraineté nationale et notre mode de vie libre et démocratique », a-t-elle déclaré, insistant « sur ce point : nous ne laissons pas de place pour les compromis ».

Dans son discours délivré lors de la journée nationale, ce 10 octobre, la dirigeante a fait un parallèle avec l’invasion russe de l’Ukraine. Elle a comparé le conflit en Ukraine avec l’objectif chinois d’un jour prendre le contrôle de Taïwan. « Nous ne pouvons absolument pas ignorer les risques que ces expansions militaires font peser sur l’ordre mondial libre et démocratique. Ces développements sont inextricablement liés à Taïwan », a-t-elle souligné.

Dans un message vidéo pré-enregistré depuis Taipei à l’attention des participants au symposium annuel organisé le 5 octobre à Washington par l’Institut Global Taiwan, elle avait assuré la détermination de son gouvernement « à travailler avec les partenaires de Taiwan animés du même esprit afin de défendre la liberté et la démocratie ».

« La poursuite par la Chine d’activités militaires et d’opérations de ‘zone grise’ menace le statu quo dans le détroit de Taiwan et empiète sur la souveraineté de Taiwan. Ces actes irresponsables menacent la paix et la stabilité dans l’Indo-Pacifique et mettent en danger la sûreté aérienne et maritime et le commerce global », a-t-elle dénoncé.