Le président américain Joe Biden a décidé le 5 août d’offrir un asile temporaire aux ressortissants de Hong Kong présents aux Etats-Unis face à « l’érosion de leurs droits et libertés » causée par la Chine.

Cette annonce devrait faire grimper encore plus la tension entre la Chine et les Etats-Unis. «Le soutien des Etats-Unis au peuple de Hong Kong ne faiblira pas», a écrit Joe Biden dans un décret pris le 5 août et diffusé par la Maison Blanche.

Selon l’administration américaine, les personnes concernées par la proposition se compteraient «en milliers». «Face aux arrestations et aux procès politiques, à la mise sous silence des médias, aux restrictions imposées aux élections et à l’opposition démocratique, nous continuerons à agir», a prévenu sa porte-parole Jen Psaki.

La Chine a «totalement bouleversé les institutions de Hong Kong et réprimé les libertés» de ses habitants, a dénoncé pour sa part le secrétaire d’Etat Antony Blinken. Ce dernier a évoqué un «message clair» de la part de l’administration Biden envoyé à la Chine.

Le décret exhorte les autorités migratoires américaines d’accorder aux ressortissants de Hong Kong résidant aux Etats-Unis un sursis de 18 mois avant toute obligation de quitter le territoire américain.

Un dispositif juridique spécial a été choisi, il s’agit du « sursis à expulsion », qui est une prérogative directe du président des Etats-Unis. Ainsi, les ressortissants de Hong Kong seront aussi permis de travailler aux Etats-Unis.

Ce sursis pourra être refusé sous certaines conditions, par exemple aux repris de justice. L’ambassade chinoise aux Etats-Unis a dénoncé une décision qui « s’ingère de manière grossière dans les affaires internes de la Chine ».

« La perception américaine de la situation à Hong Kong confond le noir et le blanc », a déclaré le porte-parole de l’ambassade, arguant que depuis la mise en place de la loi sur la sécurité nationale il y a un an, « l’ordre social » avait été « restauré » et l’État de droit « garanti ».

Les Etats-Unis offre cet asile aux ressortissants de Hong Kong, près d’un an après la mise en application de la nouvelle loi sur la sécurité nationale instaurée par Beijing à Hong Kong. Washington a dénoncé à plusieurs reprises cette nouvelle législation, estimant qu’elle bafoue   les libertés acquises par Hong Kong lors de la rétrocession de l’île à la Chine en 1997.

D’ailleurs, dès le 29 janvier, le Royaume-Uni avait assuré vouloir défendre «la liberté et l’autonomie» de Hongkong avec le lancement de ses nouveaux visas à long terme pour les habitants de Hong Kong, annoncés en réaction à la loi controversée sur la sécurité imposée par la Chine.

Les Hongkongais détenteurs d’un passeport britannique d’outre-mer, document hérité de la rétrocession à la Chine en 1997, peuvent demander à partir du 31 janvier ce document qui leur permet de vivre et travailler au Royaume-Uni pendant cinq ans et à terme de demander la nationalité britannique. Ils n’avaient jusqu’ici le droit de visiter le Royaume-Uni que pour six mois, sans pouvoir y travailler.

L’annonce du président américain Joe Biden intervient alors que des médias, journalistes et artistes ont annoncé leur intention de quitter Hong Kong. Le média hongkongais Initium a annoncé, le 3 août, sa délocalisation à Singapour, dénonçant les atteintes à la liberté de la presse. De son côté, le présentateur Steve Vines et l’un des artistes les plus célèbres de Hong Kong, Kacey Wong, ont choisit l’exil afin d’échapper aux autorités chinoises.

Cité par le quotidien français, La Croix, le chercheur Antoine Bondaz, spécialiste de la Chine et de l’ensemble de la région, a expliqué que le choix de Hong Kong comme destination «dépend des intérêts de chacun. Le choix de Singapour comme destination peut être avantageux pour le secteur financier et économique».