Dans le nord de la Chine, des archéologues ont découvert une tombe contenant deux squelettes âgés de plus de 1.500 ans. L’homme et la femme, étaient étroitement enlacés, laissant penser qu’il s’agissait d’un couple inhumé ensemble.

Cette découverte est inédite en Chine, où les deux squelettes sont figés dans une étreinte éternelle. Les archéologues ont fait cette découverte à Datong dans la province de Shanxi au nord de la Chine.

Selon leur étude publiée en juin dernier dans la revue International Journal of osteoarcheeology, le couple a été trouvé dans une tombe au sein d’un cimetière contenant plus de 600 autres sépultures.

Les analyses ont révélé que les squelettes appartenaient à deux adultes, un homme et une femme, qui auraient vécu durant la dynastie des Wei du Nord, entre 386 et 534. Selon les estimations, ils appartiendraient au peuple Xianbei, un ancien groupe nomade qui évoluait dans les steppes eurasiennes et notamment au nord-est de la Chine.

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Les archéologues ont expliqué la position des deux défunts : ils reposent tous deux sur le côté et se font face. La tête de la femme semble poser sur l’épaule de l’homme tandis que celle de ce dernier parait inclinée vers elle. Leurs bras sont enroulés l’un autour de l’autre au niveau de la taille dans une étreinte étroite.

«Le message est clair – c’est un mari et une femme reposant ensemble, s’étreignant l’un l’autre en un amour éternel dans l’au-delà», ont écrit les auteurs dans leur rapport. Des couples enlacés ont déjà été découverts dans le village de Valdaro en Italie ou encore dans une des grottes de Diros en Grèce.

Mais c’est la première fois que les archéologues découvrent un couple enlacé en Chine. «Les preuves de matérialisation directe d’amour dans les tombes sont rares, et encore plus rares sous forme de squelette», ont écrit les scientifiques. D’après le site Geo, les archéologues ont trouvé dans le même cimetière, deux autres couples inhumés ensemble mais ils ne s’étreignaient pas aussi étroitement.

De plus, une bague en argent figurait sur l’annulaire de la main gauche de la femme. Ce type de bijou est souvent retrouvé en archéologie, mais les chercheurs ont souligné que cela ne constituait pas nécessairement un symbole d’amour et de mariage comme aujourd’hui.

«La simplicité de l’anneau, dépourvu de tout ornement, suggère qu’il n’a pas coûté très cher», a relevé Qian Wang, professeur adjoint au Department of Biomedical Sciences du Texas A&M College of Dentistry et principal auteur de l’étude.

Interrogé par le South China Morning Post, il a expliqué que «cette tombe commune pourrait constituer une preuve directe de signe d’amour et de l’importance des bagues dans l’amour».

Des incertitudes demeurent sur la cause de la mort du couple. D’après les observations des archéologues, l’homme mesurait environ 1,60 mètre et était âgé d’entre 29 et 35 ans. Il avait plusieurs blessures sur le corps, dont une fracture non guérie au bras, un morceau de doigt manquant au niveau de la main droite et des excroissances osseuses à la jambe droite.

De son côté, la femme mesurait environ 1,57 mètre, et était âgée d’entre 35 et 40 ans. Elle semble plutôt en bonne santé, sauf quelques problèmes dentaires.

Ces différents ont poussé les archéologues à estimer que l’homme pourrait être mort en premier et que la seconde pourrait s’être tuée afin d’être inhumée à ses côtés.

Ils n’excluent pas que le coupe ait succombé simultanément à cause d’une maladie ou durant un conflit, et qu’ils aient ensuite été enterrés ensemble. La taille, la forme, la structure et l’orientation des tombes indiquent que le cimetière n’était pas utilisé par des nobles ou des individus de statut élevé.

Selon Qun Zhang, professeur adjoint de la Xiamen University et co-auteur de l’étude, cette sépulture remonte à une période où le bouddhisme était devenu plus répandu et où la vie après la mort était envisagé. Durant cette dynastie, exprimer librement ses sentiments, et rechercher l’amour étaient culturellement « important ».

«Cette découverte est une manifestation unique de l’émotion humaine d’amour dans une tombe, offrant un aperçu rare des concepts d’amour, de vie, de mort et de la vie après la mort dans le nord de la Chine à une période d’échange culturel et ethnique intense», a indiqué Qun Zhang pour le South China Morning Post.

La tombe étant unique, les archéologues ont décidé de ne pas totalement excaver les restes humains et de laisser le duo enlacer.