La Chine vient de publier un plan complet de protection écologique pour les quinze prochaines années, afin d’étendre sa couverture forestière d’un tiers sur cette période.

Le document met en exergue les travaux de protection et de récupération écologiques, en vue d’améliorer l’environnement de la Chine et atteindre l’objectif de construire « une belle Chine » d’ici 2035.

La Commission nationale du développement et de la réforme et le ministère des richesses naturelles ont indiqué qu’au cours des 15 prochaines années, la Chine étendra sa couverture forestière à 26% et contrôlera 75% des terres sablonneuses récupérables.

De plus, le pays compte conserver sa superficie des forêts naturelles à 200 millions d’hectares et garantir que 60% de ses zones humides soient sous protection. Le plan vise également à sauvegarder au moins 35% des côtes naturelles du pays et à empêcher l’aggravation de l’état écologique marin.

Au cours des dernières décennies, la Chine a construit 2 750 réserves naturelles couvrant 1,47 million de kilomètres carrés, représentant 15% de la superficie du pays, selon le ministère des ressources.

De plus en août 2019, l’Administration nationale des forêts et prairies a annoncé que la couverture forestière de la Chine avait grimpé de 12% dans les années 1980 à 22,9% l’année dernière. Dans la seule zone du programme des trois brise-vent nord, la couverture forestière est passée de 5% en 1977 à 13 % en 2017, récupérant 336 000 km2 de terres désertifiées.

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Fleuve Yangtsé des Trois Gorges

Pour Wu Xiao, directeur du département chargé de l’agriculture et de l’économie rurale à la Commission, « il y a encore des défis car la qualité de ses systèmes écologiques doit encore être améliorée et certaines régions sacrifient toujours l’environnement local pour stimuler la croissance économique à court terme ».

« Nous sommes également confrontés au grand défi de protéger les ressources en eau du pays ainsi que son système écologique marin. Un système à solutions multiples doit être construit avec une plus grande implication du nouveau support technologique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse de présentation du plan.

Ce dernier a expliqué que « la protection et la récupération écologiques sont un travail complet à long terme. Le plan servira de guide aux départements concernés à tous les niveaux pour établir des plans détaillés. Et tous ces efforts jetteront des bases solides pour que la Chine réalise son objectif de construire un beau pays ».

Dans le cadre de ce plan, neuf grands projets de protection écologique seront promus au cours des 15 prochaines années, couvrant de nombreuses régions du pays, notamment le fleuve Yangtsé, le fleuve Jaune, la zone forestière du nord-est de la Chine et le plateau Qinghai-Tibet, ainsi que la région de Greater Bay Area Guangdong-Hong Kong-Macao.

Ces régions centrales sont les priorités du plan, selon Zhou Yuanbo, un haut responsable du ministère, le ministère des Richesses naturelles. Le long du fleuve Jaune, par exemple, il a indiqué que cinq plans de protection seront menés pour lutter contre la perte d’eau et l’érosion des sols, améliorer encore l’environnement le long du fleuve Jaune et protéger la faune en danger dans la région, comme le panda géant et l’ibis huppé.

D’ici 2035, la Chine possédera au moins 18% de l’espace territorial du pays en tant que réserve naturelle, via la mise en place d’un mécanisme de protection des réserves naturelles, avec des parcs nationaux comme élément central.

D’ailleurs depuis 2015, la Chine a approuvé 10 parcs nationaux pilotes couvrant plus de 220 000 kilomètres carrés à travers le pays, notamment le Parc national des monts Qilian dans les provinces du Gansu et du Qinghai, et le Parc national des tigres et léopards du nord-est de la Chine, dans les provinces du Jilin et du Heilongjiang.

Yan Zhen, un responsable de l’Administration nationale des forêts et prairies, a expliqué que « les parcs nationaux pilotes ont contribué avec succès à sauver la faune en danger ».

Ainsi, le tigre de Sibérie et le léopard de l’Amour – deux espèces gravement menacées d’extinction sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature – ont vu leur nombre augmenter dans le parc national. La population totale du tigre de Sibérie se situe maintenant à 27, et le léopard de l’Amour à 42.