Les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre Beijing, alors que la fermeté contre la Chine semble être un consensus grandissant entre l’équipe sortante de Donald Trump et la future administration de Joe Biden.

Le Trésor et le département d’Etat américains ont visé cette fois 14 hauts responsables du Parlement chinois pour leur rôle dans l’adoption d’une loi sur la sécurité nationale qui a « sapé l’autonomie de Hong Kong ».

Ces vice-présidents du Comité permanent de l’ANP et les membres de leur famille ne pourront plus entrer sur le territoire américain, tandis que leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis seront gelés et l’accès au système financier américain leur sera bloqué.

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Le président Xi Jinping et la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam

Washington a déjà imposé des sanctions similaires à une quinzaine de responsables de Hong Kong, dont la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, suite à l’adoption par Pékin de cette loi sur la sécurité nationale, perçue pour les pays occidentaux comme une manière de reprendre en main le territoire censé jouir d’une vaste autonomie.

De plus, le président Donald Trump a retiré à Hong Kong le statut commercial préférentiel dont l’ex-colonie britannique bénéficiait auprès des Etats-Unis.

Le comité permanent du Parlement chinois « a voté à l’unanimité en faveur de la loi sur la sécurité nationale utilisée de manière répétée par Pékin pour museler toute contestation et arrêter ceux qui protestent contre ses politiques oppressives« , a déclaré le secrétaire d’Etat Mike Pompeo dans un communiqué.

Parallèlement, la Chambre des représentants américaine a voté à l’unanimité en faveur d’une mesure visant à accueillir les résidents de Hong Kong aux Etats-Unis pendant une durée de cinq ans, avec le droit de travailler. Le Sénat doit encore voter pour qu’elle puisse entrer en vigueur.

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Dans un climat de Guerre froide, l’administration de Donald Trump a multiplié les attaques ces derniers mois contre la Chine, dénonçant son rôle dans la propagation du Covid-19, les violations des droits des musulmans ouïghours, la militarisation de la mer de Chine méridionale, la concurrence commerciale déloyale, le vol de propriété intellectuelle, la situation à Taïwan et Hong Kong, ou encore le recours à l’espionnage aux Etats-Unis. D’ailleurs, Washington vient de supprimer des programmes d’échanges culturels financés par la Chine, les qualifiant d' »outils de propagande ».

Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine

La pression est maintenue par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui a clairement désigné la Chine comme l’adversaire stratégique numéro un des Etats-Unis. Cette stratégie a été reprise par le directeur du renseignement américain, John Ratcliffe, qui a estimé dans une tribune publiée par le Wall Street Journal que la Chine était la « plus grande menace pour la démocratie et la liberté dans le monde ».

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Un mois après l’élection du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé à « une transition en douceur » pour « relancer le dialogue » et « rebâtir la confiance » entre les deux premières puissances mondiales.

Mais cet espoir de rapprochement pourrait ne pas avoir lieu, car la classe politique américaine est de plus en plus méfiante, toutes tendances confondues. La tribune de John Ratcliffe, nommé par Donald Trump, a été accueillie par un consensus politique assez rare.

Les dirigeants républicains et démocrates des commissions du renseignement du Congrès américain ont appuyé cette mise en garde, malgré cette période délicate de transition à Washington.

D’ailleurs, la confrontation avec la Chine devrait durer, car Joe Biden affirme qu’il maintiendra, au moins au début, les tarifs douaniers pour faire pression contre la Chine dans sa guerre commerciale.