L’activité industrielle de la Chine a reculé en octobre, enregistrant sa troisième contraction en quatre mois, selon une enquête gouvernementale.
L’industrie a été pénalisée par une faible demande intérieure de biens ainsi que par des signes d’un ralentissement des exportations, qui avaient enregistré une forte progression pendant une grande partie de l’année.
Les exportations pourraient ne pas avoir suffisamment de vigueur pour compenser la poursuite de la stagnation observée sur les dépenses de consommation.
Plusieurs économistes ont exhorté le gouvernement chinois à prendre davantage de mesures pour soutenir la croissance. « L’insuffisance de la demande accentue la pression à la baisse sur l’économie », a déclaré Zhang Liqun, analyste à la Fédération chinoise de la logistique et des achats.
L’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier est tombé en octobre à 49,3, contre 50,1 en septembre, selon les données du Bureau national des statistiques. Le consensus de l’agence de presse économique Reuters auprès des économistes prévoyait un indice PMI à 50,0.
L’excédent commercial de la Chine avec le reste du monde va dépasser les 1.200 milliards de dollars enregistrés en 2025, grâce à la vigueur des exportations.
Mais en octobre, l’activité dans le secteur de l’industrie s’est affaiblie au fur et à mesure que les commandes pour les fêtes de Noël en provenance de l’étranger, qui avaient été anticipées en septembre, ont ralenti.
L’activité a également souffert de l’essoufflement des dépenses de consommation, ayant augmenté durant la fête nationale chinoise, le 1er octobre.
Les sous-indices relatifs à l’ensemble des nouvelles commandes et aux nouvelles commandes à l’exportation se sont contractés en octobre. La production et l’activité d’achat sont également passées d’une phase d’expansion à une phase de contraction.
Zhang Zhiwei, chef économiste chez Pinpoint Asset Management, a expliqué à Reuters que si la demande extérieure venait à s’affaiblir en 2027, « la Chine aura besoin d’un soutien politique plus important pour stimuler la demande intérieure ». De son coté, Lu Zhe, chef économiste chez Soochow Securities, a appelé à une hausse des subventions pour le paiement des intérêts dans le secteur de l’immobilier « afin de renforcer la confiance des ménages et de stabiliser le climat de confiance ».
Ce dernier a ajouté qu’une extension des subventions pour le paiement des intérêts des prêts accordés aux projets d’investissement contribuerait à pallier la pénurie actuelle d’investissements viables en actifs immobilisés.
L’indice PMI du secteur non-manufacturier couvre les services et la construction, et a décéléré, passant de 50,2 en septembre à 49,7 en octobre. Ces indices sont calculés à partir des rapports des directeurs d’achat, qui indiquent si les conditions se sont améliorées, détériorées ou sont restées inchangées dans des secteurs comme les nouvelles commandes, la production ou encore l’emploi, par rapport au mois précédent. Le seuil des 50 limite expansion et contraction de l’activité.
Certains secteurs de l’industrie manufacturière ont affiché de bons résultats. Les sous-indices de production et de nouvelles commandes pour les secteurs ferroviaire, la construction navale, les équipements aérospatiaux, et la production d’ordinateurs, de matériel de communication et d’électronique sont ressortis à au moins 53,0 points, selon l’enquête.
Les entreprises liées à l’IA ont fait état d’une forte croissance de leurs bénéfices. Zhongji Innolight, un fabricant de modules optiques à haut débit reliant les serveurs et les commutateurs dans les centres de données dédiés à l’IA, a vu son bénéfice net presque tripler au troisième trimestre.
Cependant, la morosité du marché intérieur et la hausse des coûts ont pesé sur de nombreux fabricants traditionnels et entreprises liées à l’immobilier. Le fabricant de mobilier sur mesure Oppein Home, par exemple, a enregistré un bénéfice net en chute de 80% au cours du trimestre.
L’économie chinoise devrait toutefois atteindre l’objectif de croissance annuel de 4,5% à 5,0% fixé par le gouvernement, sans mesures de relance supplémentaires, après une accélération en rythme annuel du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre à 4,5%, contre une hausse de 4,3% entre avril et juin.