Les premiers véhicules fabriqués en Chine sont arrivés au Canada en mai, après l’autorisation de l’entrée de milliers de ces véhicules à un tarif douanier préférentiel par le Premier ministre Mark Carney en janvier.
Plus de 2900 véhicules électriques (VE) fabriqués en Chine sont arrivés au Canada au cours du mois de mai, selon les données d’Affaires mondiales Canada. En 2024, le Canada imposait des droits de douane de 100% sur les VE chinois. Mais depuis une volte-face d’Ottawa, l’importation de 49 000 VE fabriqués en Chine et imposés de droits de douane de 6,1% par année est autorisée. Ottawa a imposé un quota maximal de 24 500 voitures sur une période de six mois.
Au même moment, une note de service de Sécurité publique Canada appelle les Canadiens à être conscients des risques que posent ces véhicules pour la sécurité et la confidentialité. La note, obtenue par La Presse canadienne, explique qu’en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, le Canada doit diversifier son économie pour s’adapter à un contexte géopolitique changeant – une étape essentielle pour garantir sa souveraineté économique.
« Parallèlement, l’ouverture de nos marchés à de nouveaux acteurs peut amplifier la présence de fournisseurs à haut risque. Les véhicules connectés, à l’instar d’autres appareils intelligents ou connectés à Internet, recueillent d’importantes quantités de données sur les Canadiens, lesquelles peuvent avoir une valeur en matière de renseignement, » précise la note.
Ainsi, un accès non autorisé aux données et aux systèmes des véhicules connectés pourrait servir à établir des habitudes de vie ou à surveiller des sites sensibles. Le document interne souligne que les entreprises canadiennes doivent se conformer à la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels ou à ses équivalents provinciaux, qui encadrent la collecte, l’utilisation et la communication des renseignements personnels.
La première livraison du modèle Lotus de Geely est prévue en juillet, suivie peu après par celles de Chery et BYD. L’accord conclu entre Ottawa et Pékin autorisant l’importation de ces véhicules ouvre la voie aux voitures électriques chinoises en Amérique du Nord. Le Canada a accepté cette mesure en réponse à la montée des tensions avec les États-Unis sous la présidence de Trump.
Le Premier ministre du Canada, Mark Carney s’est montré particulièrement loquace quant à sa stratégie visant à réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis. Il a notamment appelé les puissances moyennes à s’unir face à ce qui est de plus en plus perçu comme un ordre international défaillant.
Cette situation est largement imputable à la rhétorique agressive de l’administration Trump à l’encontre d’un pays qui a toujours été l’un des plus proches partenaires de Washington. La décision de Mark Carney concernant les véhicules électriques s’inscrit dans le cadre d’une politique commerciale plus indépendante, et la Chine est plus que ravie de répondre à cette demande.
Il s’agit d’une formidable opportunité pour la Chine de s’implanter durablement sur le plus grand marché mondial de véhicules électriques, du moins en termes de chiffre d’affaires. Cela pourrait également constituer une porte d’entrée détournée vers le marché américain, que les constructeurs chinois de véhicules électriques ont publiquement déclaré vouloir conquérir.
Déjà présents au Mexique et sur le point d’être commercialisés au Canada, les véhicules électriques chinois sont désormais bien positionnés pour s’implanter également aux États-Unis.
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