Des milliers de secouristes se sont lancés dans une course contre la montre pour rechercher les personnes disparues, alors que le bilan des morts s’est alourdi à 16 après un glissement de terrain qui a frappé le port de Gyirong, dans la région autonome du Tibet.
Au total, 2141 personnes, 269 véhicules de secours et plus de 3900 équipements ont été mobilisés pour les opérations de recherche et de sauvetage. Les sauveteurs progressent vers la zone centrale de la catastrophe par voie terrestre, maritime et aérienne, selon les informations communiquées lors d’une conférence de presse dans le comté de Gyirong, le 30 août.
Le glissement de terrain s’est produit le matin du 26 août après une catastrophe survenue du côté népalais de la frontière avec la Chine, faisant 16 morts et laissant 546 personnes disparues au port de Gyirong dimanche matin.
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Les autorités ont annoncé avoir lancé une vaste opération de recherche, impliquant plusieurs services, afin de retrouver les personnes toujours portées disparues. Le dernier examen a permis d’identifier 261 ressortissants étrangers disparus, originaires de 23 pays, dont le Népal, l’Inde, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie. Les autorités chinoises ont informé les ambassades et consulats étrangers concernés. Après plusieurs séries de recherches et de vérifications, les autorités ont déclaré qu’aucun touriste étranger n’était actuellement bloqué dans le comté de Gyirong.
La cause de la catastrophe
Lors de la conférence de presse, les autorités ont déclaré que la cause de la catastrophe a été identifiée. Il s’agit d’un effondrement glaciaire et une avalanche de glace et de roches sur le versant sud du Lantang Lirung au Népal, déclenchés par une instabilité glaciaire à long terme liée au réchauffement climatique.
Le 26 août, vers 10h52, un glacier situé à environ 5 200 mètres d’altitude s’est effondré, projetant glace et roches le long du flanc de la montagne. L’important glissement de terrain qui en a résulté a parcouru environ 22 kilomètres avant d’atteindre le port de Gyirong, à environ 1 800 mètres d’altitude, selon une évaluation de l’Institut des risques et de l’environnement en montagne de l’Académie chinoise des sciences.
Selon les données de surveillance analysées, de l’avalanche de glace et de roches à son impact sur le port de Gyirong, la catastrophe n’aura duré qu’environ six à sept minutes. Le glissement de terrain a rasé 27 bâtiments et installations connexes sur une superficie d’environ 0,7 kilomètre carré.
Le déclenchement soudain du glissement de terrain, l’ampleur de la crue, sa vitesse élevée et les destructions considérables qu’il a engendrées témoignent des nouvelles caractéristiques de plus en plus importantes des risques liés à la cryosphère sur le plateau Qinghai-Xizang et dans les régions environnantes, alors que le réchauffement climatique contribue à l’instabilité des glaciers, ont déclaré les autorités.
Des experts népalais, dont Amodmani Dixit, géologue et sismologue népalais de renom, et Krishna Prasad Oli, ancien ambassadeur du Népal en Chine et également chercheur possédant une vaste expérience de recherche sur le plateau Qinghai-Xizang et dans la région himalayenne, ont confirmé les analyses réalisées par la Chine.
Les opérations de sauvetage au port de Gyirong sont difficiles
Les équipes de secours ont poursuivi leurs recherches le 29 août dans la zone sinistrée, procédant à des fouilles quadrillées sur un terrain difficile, après l’arrivée des premiers groupes le 28 août dans l’après-midi. Des images prises sur place par les médias montrent le bâtiment du port de Gyirong détruit, tandis que les pompiers fouillent encore les décombres.
Environ 70 pompiers ont mené des recherches 24 heures sur 24 dans la zone la plus touchée, tandis que les équipes de secours des zones environnantes intervenaient par secteurs. Les secouristes ont utilisé plusieurs matériaux, des dispositifs de détection de vie et des équipements de navigation BeiDou pour rechercher les personnes disparues.
Pour appuyer les opérations dans la zone centrale, de nombreux drones et hélicoptères de transport lourd ont été déployés dès le 29 août matin afin d’acheminer par voie aérienne du matériel et des fournitures de secours aux équipes de première ligne.
Mais les opérations ont été ralentit par un lac de barrage en amont du port de Gyirong. Les matériaux charriés depuis l’amont contenaient d’importantes quantités de glace et de neige, ce qui a entraîné une forte teneur en eau et un sol relativement meuble au niveau du barrage, a expliqué Tian Bingwei, professeur associé à l’Institut de reconstruction et de gestion des catastrophes de l’Université du Sichuan.
L’avalanche de glace à l’origine de la catastrophe a également déposé un mélange de glace, de roches, de débris glaciaires, de boue et de sédiments dans le lac de retenue, fragilisant ainsi le barrage. Le lac de barrage a naturellement commencé à relâcher de l’eau la veille, et le risque qu’il présentait était considéré comme gérable samedi 29.
Le ministère des Ressources en eau a indiqué que les derniers relevés montraient que la superficie du lac avait diminué d’environ 21 000 mètres carrés depuis le 27 août, l’eau s’écoulant naturellement et la barrière étant en grande partie vidée.
Plusieurs équipes ont continué à surveiller le lac 24 heures sur 24. La société China Anneng a installé un radar de pente et déployé des drones autour du lac de barrage pour suivre l’évolution du terrain et des conditions de l’eau.
Le système de surveillance est destiné à fournir des alertes en temps opportun afin que les sauveteurs en aval puissent se mettre en sécurité si les conditions changent, permettant ainsi aux opérations de recherche et de sauvetage de se poursuivre tout en restant sous étroite surveillance des risques.
Dai Zili, secrétaire général adjoint du Consortium international pour la réduction des risques géologiques, a déclaré que le relief accidenté le long de la frontière sino-népalaise constituait un autre obstacle majeur aux opérations de secours. Du côté népalais, le terrain est relativement plat dans les vallées fluviales, ce qui facilite l’accès, tandis que du côté chinois, au Tibet, l’altitude est plus élevée et le relief est plus montagneux, avec des vallées profondes, ce qui rend beaucoup plus difficile l’acheminement du personnel et du matériel dans la zone.
Les secours d’urgence ont été renforcés
Suite à la catastrophe, le gouvernement local du Xizang a activé son dispositif d’intervention d’urgence et de secours de niveau maximal et a mis en place des centres de secours d’urgence et des centres de commandement de première ligne.
Le ministère chinois des Finances et le ministère de la Gestion des urgences ont alloué 120 millions de yuans (environ 16,8 millions de dollars) aux secours d’urgence et à la reconstruction. La Commission nationale du développement et de la réforme a débloqué 100 millions de yuans supplémentaires.
Les institutions financières et d’assurance ont également mis en place des mesures d’urgence. Les assureurs ont notamment instauré le règlement des sinistres sans condition de contrat et des services de secours non discriminatoires. Parallèlement, les banques ont augmenté leurs liquidités et débloqué 200 millions de yuans d’aide d’urgence pour répondre aux besoins financiers immédiats des résidents sinistrés.