La demande intérieure chinoise s’affaiblit encore en juillet

Les déséquilibres économiques de la Chine ont continué de s’aggraver en juillet, la faiblesse persistante de la demande intérieure étant mise en évidence par la stagnation des ventes au détail et le repli des investissements en actifs fixes. Cette situation intervient alors que les analystes anticipent de nouvelles mesures de relance de la part de Pékin pour contrer les risques de ralentissement.

Les ventes au détail, un indicateur majeur des dépenses de consommation, ont progressé de 0,6 % en glissement annuel le mois dernier, selon les données publiées lundi par le Bureau national des statistiques (NBS).

L’investissement global en actifs fixes – couvrant des secteurs majeurs tels que les infrastructures, l’industrie manufacturière et la construction immobilière – a chuté de 6,7 % sur un an au cours de la période janvier-juillet, un résultat inférieur aux prévisions de Wind qui tablaient sur une baisse de 6,1 %.

La Chine prépare de nouvelles mesures budgétaires en faveur des entreprises et des ménages, alors que l’affaiblissement de la demande intérieure éloigne l’économie de l’objectif annuel de Pékin.

Le vice-ministre des Finances, Liao Min, a annoncé le 21 août qu’une part plus importante des dépenses publiques serait dirigée vers la consommation, parallèlement à un élargissement des subventions d’intérêts aux petites entreprises et aux particuliers.

Les autorités chinoises promettent de mieux coordonner les politiques budgétaire, monétaire et industrielle, sans préciser l’ampleur des nouveaux dispositifs. Pékin privilégie ainsi des aides ciblées et l’accélération de dépenses déjà budgétées plutôt qu’un plan de relance massif.

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La pression s’est accrue après le ralentissement de la croissance à 4,3% au deuxième trimestre, sous l’objectif annuel compris entre 4,5% et 5%. En juillet, la production industrielle a encore progressé de 4,5% sur un an, mais les ventes au détail n’ont augmenté que de 0,6%. Depuis janvier, l’investissement en actifs fixes a reculé de 6,7% et l’investissement immobilier de 19,2%.

Cette divergence entre une offre manufacturière toujours dynamique et une demande domestique déprimée prolonge les déséquilibres apparus après l’éclatement de la bulle immobilière en 2021, annoté le site BoursoBank. Sans booster la demande des ménages, les exportations ont largement compensé le déclin de l’immobilier ces dernières années.

L’économiste Brad Setser a estimé que les exportations nettes ont apporté en moyenne plus d’un point de croissance annuel depuis le retournement immobilier et que l’excédent extérieur réel de la Chine avoisine désormais 5% du PIB. Sans soutien plus marqué à la consommation, le recul de l’investissement risque donc d’accroître la dépendance aux débouchés étrangers et les tensions commerciales.

De son côté, l’économiste Michael Pettis a expliqué que cette faiblesse est avant tout structurelle, car les ménages reçoivent une part trop faible du revenu national par rapport aux entreprises et aux administrations. Des crédits moins chers peuvent soutenir temporairement l’activité, mais un rééquilibrage durable supposerait surtout d’augmenter les salaires, les transferts sociaux et les revenus des ménages, quitte à accepter une croissance moins dépendante de l’investissement.

 

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