Partout dans le monde, les gouvernements s’endettent davantage car les dépenses dépassent les recettes, il faut bien combler ce déficit d’une manière ou d’une autre, et la Chine ne fait pas exception à la règle. En effet, pour la première fois, la dette publique chinoise a dépassé le seuil des 100 000 milliards de yuans, soit environ 12 850 milliards d’euros, rapporte Diyi Caijing.
Selon le média économique, la politique budgétaire active de ce dernières années visent à lutter contre les pressions économiques. Le gouvernement emprunte davantage pour les projets d’envergure liés à l’amélioration de la vie de la population, afin de stabiliser les investissements et l’économie. Dans le même temps, l’Etat lève des fonds pour réduire les risques liés à la dette cachée des collectivités locales. Ces dernières ont en effet émis un volume important d’obligations d’État ces dernières années pour refinancer leurs dettes existantes.
Selon les données du ministère des Finances chinois, le taux d’endettement public de la Chine s’élevait à 68,7 % à la fin de 2024, ce qui est nettement inférieur à la moyenne des pays du G20 et à celle des pays du G7, qui sont respectivement de 118 % et de 123 %.
De son côté, l’indicateur le plus élémentaire, selon le FMI, est le ratio dette publique centrale/PIB de la Chine : il s’élevait à 44,7 % en 2020, pour atteindre 68,4 % en 2025 et 75,1 % cette année. Toutefois, si l’on inclut certaines formes de dette des collectivités locales afin d’établir une comparaison fiable avec les ratios dette/PIB d’autres pays, la Chine affiche aujourd’hui un taux d’environ 106 %, contre 125 % pour les États-Unis et un chiffre impressionnant de 204 % pour le Japon.
Ce qui frappe dans le cas de la Chine, c’est la forte progression de ce ratio, qui n’a pratiquement pas reflué après la fin de la pandémie. Il convient également de s’interroger sur la transparence et sur la mesure dans laquelle les chiffres chinois reflètent la réalité de la situation. En revanche, la quasi-totalité de cette dette est intérieure et détenue majoritairement par des banques publiques ou d’autres entités contrôlées par l’État. La nature du système permet donc, en principe, de maîtriser la situation et d’écarter tout risque d’effondrement brutal. Cela dit, des niveaux d’endettement élevés entraînent des conséquences ; l’évolution de ce ratio dette/PIB n’est que l’un des nombreux facteurs qui préoccupent les dirigeants.
Comment la situation va-t-elle évoluer ? La Chine semble toujours aller pour le mieux… jusqu’au jour où ce n’est plus le cas. Il deviendra toutefois de plus en plus difficile de contrôler le ratio dette/PIB, car la croissance économique ralentit tandis que la dette augmente bien plus vite qu’auparavant. Les conséquences probables incluent une pression accrue sur les entreprises pour qu’elles s’acquittent de leurs impôts, une pression sur les plus fortunés pour qu’ils mettent à contribution une partie de leur patrimoine mondial, des difficultés croissantes au niveau local pour verser les salaires et maintenir les services publics, ainsi qu’une multiplication des faillites d’entreprises privées. Peut-être tout cela contribuera-t-il, qui sait, à concrétiser la vision de la « prospérité commune ».
Ecrit avec le China Economic Review