Rodrigues Ouakiri : « l’ambition d’une coopération sino-africaine plus particulièrement celle de la côte d’ivoire fondée sur le renforcement de l’amitié, le dialogue et la prospérité partagée »

Texte fournit par Ouakiri Guiraud Rodrigues Abel et son équipe – À l’heure où le monde connaît une profonde recomposition de ses équilibres économiques, diplomatiques et géopolitiques, l’Afrique se trouve au cœur des grandes mutations internationales.

Dans ce nouvel environnement marqué par l’affirmation du multilatéralisme, la montée en puissance des économies émergentes et la diversification des partenariats stratégiques, le renforcement des relations entre l’Afrique et la République populaire de Chine revêt une importance particulière.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’engagement de Mr Ouakiri Guiraud Rodrigues Abel, Président du Club des Amis de la Chine , qui œuvre à la consolidation des liens d’amitié, de compréhension mutuelle et de coopération entre la République de Côte d’Ivoire, l’Afrique et la République populaire de Chine.

À travers son action, il défend une vision fondée sur une coopération équilibrée, pragmatique, mutuellement bénéfique et orientée vers le développement économique et social, tout en accordant une place centrale au dialogue entre les peuples, au transfert de compétences, à l’investissement, à l’innovation et à la création de valeur en Afrique.

Présentation du président Ouakiri Guiraud Rodrigues Abel

Mr Ouakiri Guiraud Rodrigues Abel, né le 19 Août 1979 à Yopougon, Abidjan, République de Côte d’Ivoire, est un dirigeant ivoirien engagé dans la promotion des relations d’amitié, de coopération et de partenariat entre la Côte d’Ivoire, l’Afrique et la République populaire de Chine.

En sa qualité de Président du Club des Amis de la Chine, il s’investit dans la consolidation d’un cadre de dialogue et de rapprochement entre les différents acteurs susceptibles de contribuer au développement des relations sino-africaines.

Son engagement repose sur une conception de la coopération internationale qui privilégie l’intérêt mutuel, la confiance, le respect de la souveraineté des États, le dialogue interculturel et la recherche de solutions concrètes aux défis du développement.

Dans un contexte international marqué par la recomposition des rapports de puissance, l’émergence d’un monde davantage multipolaire et l’importance croissante du partenariat Sud-Sud, M. Ouakiri considère que l’Afrique doit être en mesure de diversifier ses partenariats et de valoriser pleinement ses potentialités économiques, humaines, technologiques et culturelles.

Sa vision de la coopération sino-africaine s’inscrit ainsi dans une perspective de partenariat stratégique de long terme, privilégiant notamment l’investissement productif, les infrastructures, l’industrialisation, l’agriculture, la transformation locale des ressources, la formation, le transfert de technologies, l’innovation et le développement des échanges commerciaux.

À travers le Club des Amis de la Chine, il entend contribuer à rapprocher les peuples, à favoriser une meilleure compréhension réciproque des réalités africaines et chinoises et à promouvoir des relations fondées non seulement sur les intérêts économiques, mais également sur l’amitié, la solidarité, le respect et la prospérité partagée.

Son engagement s’inscrit enfin dans une conviction forte : l’Afrique ne doit pas être considérée comme un simple espace de compétition entre les grandes puissances, mais comme un partenaire à part entière, capable de définir ses propres priorités, de défendre ses intérêts et de participer activement à la construction du nouvel ordre international.

Quels sont les principaux enjeux économiques et stratégiques des relations entre la Chine et les pays africains ? 

À mon sens, les relations entre la Chine et l’Afrique doivent aujourd’hui être analysées dans le contexte d’une recomposition profonde de l’ordre économique et géopolitique mondial.

Le monde n’est plus organisé autour d’un seul centre de puissance. Nous assistons à une redistribution progressive des capacités économiques, industrielles, technologiques et financières entre plusieurs pôles.

Dans cette nouvelle configuration, la Chine constitue désormais un partenaire majeur de l’Afrique, tandis que l’Afrique elle-même représente un espace stratégique de croissance, de consommation, de ressources, d’innovation et de développement pour les décennies à venir.

Premièrement : les infrastructures et la transformation économique

L’un des principaux enjeux est celui du déficit infrastructurel africain.

Routes, chemins de fer, ports, énergie, réseaux numériques, logements, zones industrielles, infrastructures agricoles et logistiques constituent encore des contraintes majeures à l’industrialisation du continent.

La Chine dispose d’une expérience considérable dans la construction d’infrastructures et dans la mise en œuvre de grands projets industriels. Cette complémentarité peut donc être extrêmement importante pour l’Afrique.

Mais l’enjeu ne doit plus être simplement de construire des infrastructures.

Il faut désormais construire des infrastructures qui permettent de produire davantage, de transformer localement les matières premières, de créer des emplois et d’intégrer les économies africaines.

Deuxièmement : l’industrialisation de l’Afrique

Pendant des décennies, l’Afrique a principalement exporté des matières premières et importé des produits transformés.

Ce modèle doit évoluer.

La coopération sino-africaine peut contribuer à accélérer la création d’unités industrielles africaines dans les secteurs de l’agriculture, de l’agro-industrie, de l’énergie, des matériaux de construction, du textile, de la pharmacie, des technologies et de la transformation des ressources naturelles.

L’enjeu fondamental est donc le passage d’une logique de commerce de matières premières à une logique de chaînes de valeur africaines.

Troisièmement : le commerce

La Chine est devenue un partenaire commercial majeur de nombreux pays africains.

Mais nous devons rechercher davantage d’équilibre dans les échanges.

L’Afrique doit pouvoir exporter davantage de produits transformés vers la Chine et réduire progressivement la structure déséquilibrée dans laquelle elle exporte principalement des matières premières et importe des produits manufacturés.

Quatrièmement : la technologie et le numérique

Le développement des technologies numériques, de l’intelligence artificielle, des télécommunications, du commerce électronique et des infrastructures numériques constitue désormais un enjeu stratégique.

L’Afrique ne doit pas être uniquement consommatrice de technologies.

Elle doit également devenir productrice de solutions technologiques, de données, de services numériques et d’innovations adaptées à ses propres réalités.

Cinquièmement : la sécurité énergétique et alimentaire

Les bouleversements récents liés à la pandémie, à la guerre en Ukraine, aux tensions commerciales internationales et aux perturbations des chaînes logistiques ont démontré qu’aucun pays ne peut considérer sa sécurité alimentaire et énergétique comme acquise.

La coopération sino-africaine peut contribuer au développement de l’agriculture, de l’irrigation, de la mécanisation, des chaînes du froid, du stockage, des infrastructures énergétiques et des énergies renouvelables.

Sixièmement : la souveraineté et la diversification des partenariats

Pour l’Afrique, le véritable enjeu n’est pas de remplacer une dépendance par une autre.

L’Afrique doit pouvoir travailler avec la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, le Japon, l’Inde, les pays du Golfe, la Turquie, la Russie et tous les autres partenaires disposés à investir dans son développement, dans le respect de ses intérêts souverains.

La diversification des partenariats est donc une forme de souveraineté.

Enfin : l’enjeu géopolitique

L’Afrique représente aujourd’hui un poids démographique, économique et diplomatique croissant.

Avec plus d’un milliard d’habitants et une population appelée à fortement augmenter au cours des prochaines décennies, le continent devient incontournable dans les équilibres mondiaux.

La relation sino-africaine doit donc être envisagée comme une relation stratégique de long terme, mais elle doit surtout être construite autour d’un principe essentiel : l’Afrique doit être partenaire, et non terrain de confrontation entre grandes puissances.

Quels sont les avantages et les limites des investissements chinois en Afrique pour le développement du continent ?

Les investissements chinois en Afrique présentent des opportunités considérables, mais ils doivent également être analysés avec lucidité.

Il serait intellectuellement insuffisant de présenter la présence chinoise en Afrique comme exclusivement positive ou exclusivement négative.

La réalité est beaucoup plus complexe.

LES PRINCIPAUX AVANTAGES

PREMIER AVANTAGE: les infrastructures.

La contribution chinoise au financement et à la construction d’infrastructures constitue l’un des aspects les plus visibles de cette coopération.

Routes, chemins de fer, ports, centrales électriques, réseaux de télécommunications, bâtiments publics et infrastructures urbaines peuvent améliorer considérablement la capacité productive des économies africaines.

DEUXIEME AVANTAGE: la rapidité d’exécution.

Les entreprises chinoises disposent souvent d’une grande capacité à mobiliser rapidement des ressources humaines, techniques et financières pour réaliser des projets de grande dimension.

TROISIEME AVANTAGE: l’industrialisation.

La présence d’entreprises chinoises peut contribuer à créer des zones industrielles, des unités de transformation et des chaînes de production locales.

Mais pour que cet avantage soit durable, il faut favoriser une implication croissante des entreprises et travailleurs africains.

QUATRIEME AVANTAGE: le transfert de compétences et de technologies.

C’est probablement l’un des enjeux les plus importants pour l’avenir.

L’Afrique doit rechercher non seulement des infrastructures « clés en main », mais aussi des compétences permettant aux Africains de concevoir, exploiter, maintenir et développer eux-mêmes ces infrastructures.

CINQUIEME AVANTAGE: l’accès au marché chinois.

La Chine représente un marché considérable.

L’enjeu pour les pays africains est donc d’accroître leurs capacités d’exportation, notamment dans l’agriculture, l’agro-industrie, les produits transformés et certains services.

SIXIEME AVANTAGE: le financement du développement.

Les financements chinois peuvent constituer une source complémentaire de capitaux à côté des financements occidentaux, multilatéraux et régionaux.

Cela permet aux États africains de diversifier leurs sources de financement.

MAIS IL EXISTE EGALEMENT DES LIMITES ET DES RISQUES 

PREMIERE LIMITE: le risque d’endettement.

Tout financement extérieur doit être analysé en fonction de la capacité réelle du projet à générer des revenus et à rembourser les engagements contractés.

La question n’est donc pas simplement de savoir si un projet est financé.

Il faut se demander :

Combien coûte-t-il ? Quelle est sa rentabilité ? Quels revenus générera-t-il ? Qui supporte le risque ? Et quelle valeur restera durablement dans l’économie africaine ?

DEUXIEME LIMITE: la faible transformation locale.

Si l’Afrique continue d’exporter ses ressources naturelles sans transformation et d’importer les produits finis, elle restera dans une relation économique déséquilibrée.

TROISIEME LIMITE: la concurrence pour les entreprises locales.

Les PME africaines doivent pouvoir bénéficier de la coopération et ne pas être systématiquement marginalisées par des entreprises étrangères disposant de capacités financières et technologiques supérieures.

QUATRIEME LIMITE: les enjeux environnementaux et sociaux.

Les grands projets doivent respecter les normes environnementales, sociales et de gouvernance, ainsi que les intérêts des populations locales.

CINQUIEME LIMITE: la dépendance technologique.

L’Afrique doit éviter de devenir uniquement utilisatrice de technologies étrangères.

Elle doit progressivement développer ses propres capacités scientifiques, industrielles et technologiques.

Ma conclusion sur cette question est donc très claire :

La Chine constitue pour l’Afrique une opportunité majeure, mais une opportunité ne devient un véritable levier de développement que si elle est encadrée par des politiques publiques africaines cohérentes.

L’Afrique doit négocier des partenariats qui favorisent :

  • La création d’emplois locaux ;
  • Le transfert de technologies ;
  • La formation ;
  • La participation des entreprises africaines ;
  • La transformation locale ;
  • L’exportation de produits à valeur ajoutée ;
  • La protection de l’environnement ;
  • La transparence financière ;
  • Et la rentabilité économique des projets.

La question n’est donc pas d’être pour ou contre les investissements chinois. La véritable question est de savoir comment faire en sorte que ces investissements contribuent effectivement à la souveraineté économique et au développement durable de l’Afrique.

Comment la coopération entre la Chine et l’Afrique influence-t-elle les équilibres géopolitiques et les relations internationales

La coopération entre la Chine et l’Afrique participe incontestablement à la transformation des équilibres géopolitiques internationaux.

Nous sommes entrés dans une période où l’ordre international devient de plus en plus multipolaire.

La montée en puissance de la Chine, l’affirmation de nouvelles puissances économiques, l’élargissement des BRICS, le poids croissant des pays du Sud global et les tensions entre plusieurs grands pôles de puissance démontrent que le système international est en pleine recomposition.

Dans ce contexte, l’Afrique occupe une position stratégique.

PREMIEREMENT : l’Afrique devient un partenaire géopolitique incontournable

Avec son poids démographique, ses ressources naturelles, son potentiel agricole, ses marchés émergents, ses espaces maritimes et sa position géographique, l’Afrique constitue désormais un acteur indispensable dans les grandes stratégies internationales.

La Chine l’a compris depuis longtemps.

Mais les autres grandes puissances l’ont également compris.

Cela signifie que l’Afrique dispose aujourd’hui d’un espace de négociation beaucoup plus important qu’auparavant.

DEUXIEMEMENT: la coopération sino-africaine contribue à la multipolarité

La présence chinoise offre aux États africains une possibilité supplémentaire de diversifier leurs partenariats.

Cela peut permettre aux pays africains de ne pas dépendre d’un seul partenaire économique, financier ou technologique.

Mais cette diversification doit être utilisée intelligemment.

La multipolarité ne doit pas conduire l’Afrique à choisir un camp contre un autre.

Elle doit plutôt permettre au continent de défendre ses intérêts avec davantage d’autonomie.

TROISIEMEMENT: la Chine et l’Afrique disposent d’intérêts communs sur certaines questions internationales

Dans plusieurs enceintes multilatérales, les pays africains et la Chine peuvent défendre des positions convergentes concernant notamment la réforme de la gouvernance mondiale, le rôle des institutions multilatérales, le développement économique des pays du Sud et la représentation plus équilibrée des différentes régions du monde.

L’un des enjeux majeurs pour l’Afrique est notamment d’obtenir une représentation plus importante dans les institutions internationales où se prennent les décisions qui affectent directement son avenir.

QUATRIEMEMENT: le commerce et les infrastructures deviennent des instruments géopolitiques

Les ports, corridors économiques, chemins de fer, zones industrielles, réseaux numériques et chaînes logistiques ne sont pas uniquement des infrastructures économiques.

Dans le monde actuel, ils possèdent également une dimension stratégique.

La sécurisation des routes commerciales, l’accès aux ressources critiques, les chaînes d’approvisionnement, les technologies numériques et la maîtrise des infrastructures logistiques sont devenus des éléments essentiels de la puissance internationale.

L’Afrique doit donc être extrêmement attentive à la manière dont elle développe ces infrastructures.

CINQUIEMEMENT: l’Afrique doit éviter de devenir le théâtre d’une confrontation entre puissances

C’est probablement l’un des messages les plus importants que nous devons porter.

La compétition entre la Chine et les États-Unis, les tensions entre la Russie et les pays occidentaux, les rivalités autour des ressources stratégiques et les recompositions géopolitiques mondiales ne doivent pas transformer l’Afrique en champ de confrontation.

L’Afrique ne doit pas être un terrain de guerre froide nouvelle génération.

Elle doit être un espace de coopération, de production, d’innovation, de commerce et de développement.

QUELLE POSITION POUR LA COTE D’IVOIRE ?

La Côte d’Ivoire possède un avantage considérable : sa stabilité relative, son poids économique en Afrique de l’Ouest, sa position géographique, son potentiel agricole, son ouverture internationale et son appartenance à l’espace UEMOA et CEDEAO.

Elle peut donc jouer un rôle important comme plateforme de coopération entre l’Afrique de l’Ouest, la Chine et les autres partenaires internationaux.

Il faut encourager une diplomatie économique pragmatique, ouverte et équilibrée.

La Côte d’Ivoire doit pouvoir travailler avec la Chine tout en maintenant des relations fortes avec l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, l’Inde, les pays du Golfe, la Turquie et les autres partenaires.

POUR CONCLURE

Je dirais que le monde de demain ne sera probablement ni exclusivement occidental, ni exclusivement chinois.

Il sera davantage multipolaire, interdépendant et compétitif.

Dans cette nouvelle configuration, l’Afrique doit sortir d’une posture essentiellement passive.

Elle doit devenir un sujet de la géopolitique mondiale et non simplement un objet de la compétition entre grandes puissances.

C’est précisément dans cette perspective que nous concevons l’action du Club des Amis de la Chine : promouvoir l’amitié, faciliter le dialogue, encourager les investissements, rapprocher les peuples et contribuer à une coopération sino-africaine équilibrée, respectueuse de la souveraineté des États et orientée vers la création de valeur, l’emploi et le développement humain.

Notre ambition est simple : faire de l’amitié sino-africaine un instrument de paix, de prospérité partagée et de développement durable, plutôt qu’un facteur de confrontation géopolitique.

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