Les États-Unis ont suggéré le 21 septembre à la Chine la création d’un «mécanisme» de dialogue entre les deux puissances au sujet de l’intelligence artificielle (IA), a rapporté le ministre américain des Finances à l’issue d’un entretien avec son homologue chinois.
«Les États-Unis ont proposé la mise en place d’un mécanisme de notification entre nos deux pays, et nous souhaitons définir une vision commune de nos objectifs et des menaces auxquelles nous sommes confrontés», a déclaré Scott Bessent lors d’un point presse à l’issue de plusieurs heures d’une réunion selon lui «très réussie».
Cette réunion était organisée à quelques jours d’un sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping à Washington, censé apaiser les tensions commerciales, technologiques et stratégiques.
Concurrents en matière d’IA, la Chine et les Etats-Unis sont de plus en plus interpellés sur la question des risques après plusieurs épisodes faisant craindre que la technologie n’échappe à ses créateurs. Le ministre américain envisage des notifications «en cas d’incidents, si quelque chose est arrivé qui relève de la sécurité nationale». «Nous pensons qu’il est très important de passer d’une situation d’opacité à davantage de transparence entre les première et deuxième puissances mondiales en matière d’IA», a affirmé le secrétaire au Trésor.
Washington et Pékin sont engagés dans une course à l’IA sur fond de rivalité exacerbée. Côté américain, la concurrence chinoise sert d’épouvantail: elle justifie d’accélérer sans limite pour rester à la pointe et ne pas se faire détrôner. La Chine, elle, se présente comme une alternative à la mainmise des États-Unis sur cette technologie. «Nous souhaitons définir une vision commune de nos objectifs et des menaces auxquelles nous sommes confrontés», a encore affirmé Scott Bessent.
La session de discussions avec He Lifeng s’est tenue au siège new-yorkais du géant bancaire américain JPMorgan, en présence du représentant au commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer. Le haut responsable chinois, négociateur en chef pour les questions économiques et commerciales avec Washington, n’a pas pris la parole à l’issue de la rencontre. Scott Bessent a estimé que leur réunion avait été «très fructueuse» concernant l’IA, donc, mais aussi les relations commerciales.
Le but de cet échange est de maintenir la trêve que Washington et Pékin ont conclue en 2025 – après s’être mutuellement assommés de droits de douane punitifs -, qui expire en novembre 2026. Il est «impératif que nous soyons capables de travailler ensemble», a déclaré Jamieson Greer. Les responsables américains veulent eux s’assurer que la Chine n’imposera pas de nouvelles restrictions sur l’exportation de ses terres rares, utilisées pour produire des aimants incontournables dans l’automobile, la production de smartphones ou l’industrie de défense.
Le ministre Scott Bessent est par ailleurs chargé de mener le volet économique de la guerre américaine contre l’Iran. Il multiplie les sanctions et mises en garde pour assécher les ressources financières de Téhéran. Or, la Chine est un important soutien diplomatique de l’Iran et un grand acheteur de sa production pétrolière.
Donald Trump fera à Xi Jinping le rare honneur le 23 septembre de l’accueillir à sa descente d’avion, selon des informations obtenues par l’AFP auprès d’un responsable officiel américain. Au cours de cette visite d’État, le dirigeant chinois sera convié jeudi à un dîner à la Maison Blanche en compagnie des patrons d’OpenAI Sam Altman et de Nvidia Jensen Huang, deux figures clés du développement de l’IA aux États-Unis.