Le ratio dette/PIB de la Chine enregistre sa première baisse trimestrielle en 4,5 ans

Avec notre partenaire Yicai Global – Le ratio dette/PIB de la Chine a diminué au deuxième trimestre pour la première fois en quatre ans et demi, principalement grâce à la croissance du PIB.

Ce ratio d’endettement a reculé à 308,2% au cours des trois mois clos le 30 juin, contre 309,3% au trimestre précédent, selon un rapport publié hier par l’Institut national des finances et du développement. Il s’agit du premier recul trimestriel du ratio dette/PIB depuis le premier trimestre 2022.

Une inflation modérée a fait progresser le PIB nominal de 5,9% sur un an, creusant l’écart avec la croissance du PIB réel à 1,6%, indique le rapport.

Théoriquement, le ratio d’endettement macroéconomique reflète la vigueur relative de l’expansion du crédit, explique Liao Bo, analyste macroéconomique en chef chez Northeast Securities. Le recul du deuxième trimestre s’explique principalement par la forte expansion du PIB nominal, elle-même due à une hausse générale des prix, souligne-t-il.

L’indice des prix à la production a reculé de 0,6% au premier trimestre par rapport à l’année précédente, avant de bondir de 3,6% au deuxième trimestre, ce redressement étant principalement imputable à la hausse des importations de pétrole brut à prix plus élevés.

Le NIFD met toutefois en garde : si la croissance plus forte du PIB nominal a atténué les pressions passives à la hausse sur le ratio d’endettement macroéconomique, les bilans des ménages et des entreprises ont généralement eu tendance à se désendetter.

L’endettement des ménages a enregistré une baisse plus marquée dans un contexte de pressions croissantes sur le crédit à la consommation, la croissance de la dette des entreprises est restée à des niveaux historiquement bas et la faiblesse des perspectives de bénéfices a incité les entreprises privées à accélérer leur désendettement, indique le rapport.

Bien que le patrimoine net des ménages ait augmenté, le NIFD souligne que cela ne signifie pas un redressement continu de leurs bilans. En réalité, la hausse du patrimoine net n’est qu’un indicateur complémentaire et non un indicateur principal pour évaluer le redressement des bilans.

L’année dernière, les dépôts des ménages ont progressé de 14 640 milliards de yuans (2 160 milliards de dollars), tandis que les prêts aux ménages n’ont augmenté que de 441,7 milliards de yuans (65,4 milliards de dollars), une dynamique qui, de fait, accroît le patrimoine net. Mais il s’agit simplement d’un équilibre passif à un faible niveau, et non d’un processus actif de redressement des bilans, précise le rapport.

Les entreprises privées réduisent encore leur endettement

Le financement par obligations d’entreprises est devenu le principal mode d’endettement au deuxième trimestre, indique le rapport, tandis que la faiblesse des perspectives de bénéfices et la fragilité de la confiance des investisseurs ont incité les entreprises privées à accélérer leur désendettement.

Au deuxième trimestre, environ 60 % des entreprises privées chinoises cotées en bourse affichaient un ratio dette/actifs plus faible qu’au trimestre précédent, tandis que près de 30 % d’entre elles ont enregistré une baisse de leurs investissements en actifs fixes. Ces chiffres témoignent d’une contraction généralisée des bilans des entreprises privées.

Pour les perspectives, la légère hausse des prix observée au deuxième trimestre a stimulé la croissance économique nominale et le déflateur du PIB est redevenu positif pour la première fois en près de trois ans, contribuant ainsi à contenir la hausse passive du ratio d’endettement macroéconomique, selon le NIFD. Si les chocs sur l’offre énergétique peuvent entraîner une hausse des prix à court terme, l’amélioration durable des anticipations d’inflation et la vigueur de la croissance nominale dépendent de l’assainissement des bilans et d’une plus grande volonté du secteur public de s’endetter davantage.

Le ratio d’endettement macroéconomique devrait se stabiliser à l’avenir, a prédit Liao. L’émission d’obligations d’État à vocation spécifique a ralenti au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente, mais le financement direct devrait reprendre au second semestre, soutenu par les ventes d’obligations d’État et de nouveaux instruments financiers liés aux politiques publiques.

Compte tenu des solides performances de l’économie au premier trimestre, il s’attend à ce qu’un repli modéré des ajustements de politique contracyclique soit normal et voit peu de raisons d’être excessivement pessimiste quant aux investissements dans les infrastructures au second semestre.

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