« Ce que la Chine nous apprend » est un ouvrage de Léon Vandermeersch qui condense une vie de recherches de ce grand sinologue français, a écrit le communiqué de la Bibliothèque des Sciences humaines.

Ces recherches répondent à l’éternelle question de savoir si la Chine représente un « ailleurs » inaccessible à notre compréhension d’occidental (c’est ce que Foucault appelait une « hétéro-topie ») ou s’il y a une manière de la comprendre qui la ramène à notre humanité commune.

Léon Vandermeersch attaque le problème de trois côtés : d’abord par ses théories sur le langage, qui, en Chine, dériverait des pratiques divinatoires, entraînant une séparation complète entre le langage écrit et le langage parlé, à la différence du langage occidental, indoeuropéen, qui fonde la logique aristotélicienne.

C’est ce que l’auteur a développé dans Les Deux raisons de la pensée chinoise en 2013 (« Bibliothèque des sciences humaines »). L’auteur passe ensuite à l’organisation sociale, son apport le plus personnel, fondé sur un ritualisme qui a été renversé par des formes chinoises de modes de production très différentes de celles qu’a connues l’Occident.

Il complète son approche par l’analyse de ce qui, en Chine, s’est substitué à la religion, l’absence d’une coupure entre le monde humain et la transcendance divine. Au contraire, la Chine a trouvé un accord complémentaire avec le cosmos, que le confucianisme a théorisé et confirmé.

Diplômé de l’École nationale des langues orientales en chinois et en vietnamien, Léon Vandermeersch a fondé les études chinoises à l’Université d’Aix-en-Provence en 1966-73, dirigé l’UEFR de langue et civilisations extrême-orientales à Paris VII de 1973 à 1979, puis la Maison franco-japonaise à Tokyo en 1981-1984 et enfin l’Ecole française d’Extrême-Orient de 1988 à sa retraite en 1993.

Spécialiste du confucianisme, Léon Vandermeersch est directeur émérite à l’Ecole Pratique des Hautes Études. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le Nouveau monde sinisé (PUF, 1986), les Etudes sinologiques (PUF, 1994) et Les deux raisons de la pensée chinoise. Divination et idéographie (Editions Gallimard, « Bibliothèque des sciences humaines« , 2013).