La Chine a publié son plan quinquennal pour le secteur pétrolier et gazier, qui couvre la période 2026-2030, fixant des objectifs d’expansion considérable de la production nationale, des infrastructures de pipelines et des capacités de stockage.
Ce plan vise à réduire l’exposition aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, exacerbées par le récent conflit au Moyen-Orient, tout en se préparant à un pic de consommation de pétrole et à une intégration progressive d’alternatives à plus faible émission de carbone.
La Commission nationale chinoise du développement et de la réforme a publié son 15ème plan quinquennal pour le développement du secteur pétrolier et gazier. D’ici 2030, les autorités visent à porter la production nationale de pétrole et de gaz à 440 millions de tonnes équivalent pétrole et à ajouter 20 000 kilomètres de pipelines longue distance, portant ainsi le réseau national à 220 000 kilomètres.
Le document de la Commission nationale du développement et de la réforme, institution de planification économique de rang ministériel, a été publié alors que le marché mondial du brut reste sous tension, comme l’illustre la récente hausse des cours liée au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Le texte est co-émis avec l’Administration nationale de l’énergie, rattachée à la Commission et rédactrice du plan selon la page de publication. Il s’adresse nommément aux trois grandes compagnies pétrolières d’État chinoises, ainsi qu’à l’opérateur national des canalisations (PipeChina, CNPC, Sinopec et CNOOC), faisant de ce document un texte d’orientation stratégique et une instruction d’exécution.
Un plan très précis
Le plan s’inscrit dans le cadre du plan national du « nouveau système énergétique », publié quelques semaines plus tôt. Il affirme le rôle du pétrole et du gaz comme énergies de base et matières premières industrielles pour l’économie chinoise.
Le texte programme la construction de nouvelles canalisations longue distance, destinées à agrandir le réseau national, afin d’avoir un « réseau national unifié ». Le but est d’interconnecter l’ensemble des canalisations interrégionales en un système unique, avec notamment une liaison sous-marine destinée à mettre fin à l’isolement gazier de l’île de Hainan.
Le plan fixe également deux types de capacité d’importation : la capacité de réception des terminaux méthaniers et la capacité d’importation de gaz par canalisations terrestres. Ceux-ci portent sur des capacités d’infrastructure et non sur des flux d’achat réalisés. De plus, le mécanisme recherché dans ce dispositif est la diversification des voies d’approvisionnement plutôt qu’un volume d’importation donné.
Le texte exprime aussi un objectif de stockage gazier calculé en part de la consommation nationale, avec un objectif d’injection annuelle de dioxyde de carbone par les projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone.
Il intègre les énergies renouvelables au périmètre même des champs pétroliers et gaziers. Ainsi, le solaire, l’éolien et la géothermie devront se développer sur les emprises des gisements, avec une électrification croissante des opérations. Les vieux champs pétroliers seraient ainsi progressivement transformés en sites de production électrique, de chaleur, de stockage et de séquestration du carbone.
Le plan institue une série de bases stratégiques de garantie pétro-gazière adossées aux grands bassins sédimentaires du pays. Il mise sur le développement des gisements profonds et ultra-profonds, des pétroles et gaz de schiste, du gaz de houille profond et de l’offshore, tout en maintenant la production des champs historiques tels que Daqing et Shengli.